Partir à Amsterdam en hiver, c’est profiter de la chaleur des cafés bruns et des Cécémel, de son ambiance nordique avec moultes patinoires et le festival des lumières mettant en scène le labyrinthe de canaux. Gaan!

Le quartier des Musées, bon chic bon genre 

C’est dans ce quartier que j’ai logé pendant ces quatre jours, au NL-Hotel Museumplein (c’est terrible, il a fermé depuis). Je vous laisse admirer le bleu roi de la pièce pour petit déjeuner avec la Jeune Fille à la Perle de Vermeer. Groot ! (super) Même si tu te dis que la chose la moins design là-dedans c’est toi. Ahem.

En face du Rijksmuseum, musée d’art consacré à l’âge d’or flamand, les lettres découpées du slogan I amsterdam sur la place Museumplein sont vite devenues un véritable symbole de la ville et un endroit particulièrement photogénique. Dès mon arrivée, je note que les amstellodamois ont le chic pour agencer les espaces. Sur le parvis du célèbre musée d’art, une patinoire -ornée de lampes Fatboy et où glissent chaises et phoques en plastique- est enjambée par un petit pont de bois (pas d’Yves Duteil à l’horizon) plongeant dans des guitounes où on se réchauffe à la chaleur d’un feu de bois design (tu me feras le plaisir de remballer ton feu à l’âtre complètement has been…).

En se baladant, il y a un Banksy par-ci, un Van Gogh par-là notamment au Stedelijk Museum, bijou architectural.

Dans ce quartier huppé, il y a le grand Vondelpark, un parc à l’anglaise, tout nu l’hiver avec de la gadoue. Mais je ne doute pas de son charme le printemps venu, le potentiel est là. La salle de concert Concertgeboue Concertgebouw fait sortir un public très électique de son ventre, à en faire rougir de honte sa cousine française, la Salle Pleyel. Et, magie de la ville, à quelques rues du prestigieux quartier des musées garnis de boutiques de luxes, de diamantaires et d’hôtels particuliers, se trouve le Pijp, quartier étudiant muticulturel regorgeant de restaurants exotiques comme le Bazar, une ancienne synagogue où l’Orient s’invite à notre table (falafels, kebabs, couscous), et le Albert Cuypmarkt, un marché long comme mon bras (3 km), le plus grand de la ville, où se reflètent les cultures du lieu avec ses fleurs, ses légumes, ses viandes et ses babioles.

Les canaux des Seigneurs, de l’Empereur et du Prince pour en mettre plein la vue

En remontant vers l’hypercentre, il y a un restaurant japonais tenu par… des japonaaais hiiiiii An (regardez ses bonnes notes) avec des glaces aux saveurs à tomber (sésame noir, azuki -haricots rouges-, yuzu). Bon, revenons à nos sabots en bois
Les majestueux canaux recueillent jardins flottants, radeaux de fortunes avec parfois un musicien à son bord, péniches de luxe… et musée-bateau Woonbootmuseum Hendrika Maria pour se faire une idée de la vie amarrée.

Au royaume des bulbes de tulipes sonnent des carillons

Le marché aux fleurs est un joyeux mélange de couleurs et d’odeurs, mais le tourisme lui a enlevé de son âme pour en faire un lieu où poussent plein d’objets-souvenirs, tulipes aimantées et autres moulins décoratifs. Évidemment il y a le gros fromage jaune qui en impose en vitrine. C’est alors que le Munttoren, la tour de la Monnaie fait retentir son carillon pour faire résonner son agréable chant d’airain dans le labyrinthe de canaux.

Un autre pays du fromage

Amsterdam a ses petits coins secrets (du moins j’aimerais y croire mais faut pas trop se leurrer, des fouineuses y’en a eu !). Le béguinage fait partie de ceux-là. C’est une cour intérieure où vivait en communauté un groupe de femmes religieuses célibataires après avoir faire vœu de chasteté, à l’abri des regards et du brouhaha de la ville. Bien que connu de tous aujourd’hui, l’endroit garde son atmosphère de recueillement. Et il y en a d’autres à découvrir dans la ville ;)

Pas loin, j’ai diné au Humphrey’s Restaurant. Une belle surprise car, malgré la grandeur de la salle (au design étudié bien entendu) tout était fait maison, le pain compris, un délice ! Yum ! (Miam)

Se faire écraser par une horde de vélos, c’est facile

Bon à mi-parcours, il faut que je vous parle d’eux : les vélos à plusieurs selles, à multiples pouêt, les vélos vintage sur lesquels on chope un ami à la volée et qui se pose comme une plume sur le porte-bagage, les triporteurs avec lesquels on balade se fait les cuisses, les vélos en bois (méga-design). Attention, ils sont prioritaires partout-tout-le-temps-même-si-déboule-une-petite-mamie-avec-son-déambulateur. Et quand ce n’est pas le vélo c’est le tramway qui roule beaucoup plus vite qu’en France ! Vigilance donc. Gevaar ! (Danger)

Anne Frank, le Jordaan et l’île du Prince

En continuant de monter vers l’ Ij, le canal de la Mer du Nord, la maison d’Anne Frank est visitable. Le temps n’est pas extensible, je ne me résous pas à faire la queue et me dis que j’irai voir sur internet par défaut… Belle surprise car la visite se fait en 3D avec des commentaires, hop –> Visitez la Maison d’Anne Frank sans faire la queue 

Après le béguinage, voici un autre endroit top secret (enfin un tout petit peu…). Le Cour Saint-André recèle un ancien hospice bâti autour d’un jardinet. Le couloir qui y mène est orné de carreaux de Delft ! Le quartier du Jordaan a conservé de son passé populaire les modestes maisons fleuries et les cafés conviviaux. Heerlijk !

Pour se restaurer sur le pouce, Boca’s propose des soupes, sandwichs et salades excellents. J’ai testé en dessert le sandwich au beurre-speculoos ! Idéal pour dompter le froid et avoir le feu intérieur :)

L’île du Prince, une ancienne extension du port maritime, est vraiment un petit îlot à l’atmosphère de village colonisé par des artistes, des logements sociaux et des lofts somptueux (j’aurais pû dire design aussi…).  Être à Amsterdam sans y être.

Entre temps, nombreux hollandais me voyant examiner mon plan me proposent leur aide. La plupart du temps je n’ai même pas besoin de sortir mon anglais des grands jours, ils répondent en français… Quand ce n’est pas un français expatrié d’ailleurs ! Sympathiek !

Fallait bien que ça arrive… Le fameux quartier rouge

Dans les boutiques du Quartier Rouge, je croise Marie et Rouana. Sur les trottoirs, ça parlait de Coq à Hine. La cuisine est dégueu généreuse, le sexe s’exhibe, se déhanche, se remaquille dans les vitrines surmontées de néons rouges. Petit tour rapide dans ce temple de la surconsommation, par ailleurs très touristique.

La croisière s’amuse avec Amsterdam Light Festival

Voir la ville depuis ses canaux avec le Festival des Lumières apporte  un angle de vue original (et puis ça permet de reposer les gambettes) ! Une belle initiative qui illumine pendant 50 jours à partir de décembre les canaux avec des œuvres artistiques (beaucoup de français cette année, cocoricoOo !). Ici, on n’aime pas trop les rideaux, les volets, tout ces trucs pour se protéger du froid, du regard… Vous pourrez donc assouvir en toute liberté vos envies de voir grâce aux amstellodamois exposant de milles feux leurs intérieurs (toujours designs, cela va de soi). De véritables tableaux contemporains, la peinture flamande du XXIe siècle n’a jamais été aussi vivante. Et si vous voyez une dame nue, c’est que vous êtes dans le Quartier Rouge… ;)

Les îles et autres expérimentations futuristes

La magie d’Amsterdam ne s’arrête pas là : les îles artificielles de Java et de Bornéo, entre autres, ouvrent leurs bras sur l’Ij. Des quartiers futuristes au triomphe du gigantisme en passant par des ponts… euh design ? Les docks de l’est, ces bouts de terre réexploités après l’abandon des activités maritimes, donnent le ton et montre que l’histoire amstellodamoise reste intimement liée à la mer : Amsterdam, l’artistocrate élégante des vieux canaux, projette sur son passé portuaire une lumière nouvelle composée de culture et d’architecture expérimentales. Goed idee !

Si vous projetez d’y aller, voici une carte d’Amsterdam que vous pouvez chiffonner-piétiner-mouiller à loisir (design italien, à destination des enfants mais pas que !)

Un dernier feu d’bois design pour clore ce voyage…


VOIR L’ALBUM COMPLET D’AMSTERDAM