Et flûte (de pan !) à ceux qui voudront étiqueter les morceaux d’Aufgang pour les épingler « électro sauce classique », « électro-jazz-musique-du-monde-et-onpeut-continuer-commeça-longtemps » afin de les ranger dans un tiroir vitré comme de beaux papillons rares…

Aufgang sort un nouvel Istiklaliya

Aufgang est inclassable et ce n’est pas un hasard si le trio a rejoint le label prospectif « InFiné » pour son deuxième album. Composé des pianistes Francesco Tristano et Rami Khalifé et du batteur Aymeric Westrich (il a accompagné Cassius et Phœnix), Aufgang représente cet électron libre qui s’agite comme une boule de flipper quand beaucoup de maisons de disques et de radios se retranchent derrière leur cargaison de tubes en boîte. Emballés, c’est pesé ! Aufgang, pour le coup, dégaine l’artillerie lourde grâce à un explosif et savant mélange des genres.

Nous avons pris le parti de laisser certaines fausses notes, de ne pas corriger tous les petits défauts, l’essentiel pour nous étant d’obtenir ce côté imparfait et dynamique.
Francesco Tristano

Là où beaucoup aseptisent, le groupe fait preuve d’une liberté ludique : garder le diamant brut tel qu’il apparait en live avec ces décrochages rythmiques, ces accidents. Les trois architectes de matières sonores se font aussi laborantins en enregistrement-studio, se livrant à des improvisations, morceaux de spontanéité, uniques, lié à l’instant. Avec Istiklaliya, il s’agit d’oublier les structures et références habituelles. Enlevons nos chaussons usés par l’habitude et enfilons une nouvelle paire d’oreilles pour laisser planer, danser nos corps électromagnétisés par cet espace à la géométrie variable. Bienvenue dans une nouvelle dimension sonore !

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