Il se promène « Le long de la grève », les poches pleines d’oxymores et de métaphores, c’est le nantais Benjamin Durand.

Benjamin Durand sort son premier album Le long de la grève

Raffiné, son album qui fait partie du « Projet extra-systole », bat fort avec des textes millimétriquement poétiques et des inspirations musicales éclectiques. Dans la famille « chanson d’amour charnelle et sensuelle », je demande le père spirituel d’ « Accro et à cran » : Serge Gainsbourg, rien que ça. Et quand Benjamin Durand invoque Miranda la bien-aimée dans « Automne 16 », c’est l’inoubliable Antonia de Dominique A qui plane, telle une sœur de cœur.

projet extra-systole

Premier album

« Le long de la grève » nous expose de magnifiques tableaux sonores allant de 2 à 6 minutes. Teintés de tragédie pour certains comme le « Le cahier bleu » où  « Tout passe, tout va, à vau l’eau » car la vie part à la dérive inexorablement. Et c’est ainsi que les fils quittent le foyer familial dans « Le départ ». Dès lors les mères « en pleureront jusque tard dans la vie »… Mais l’atmosphère se fait légère lorsque le duo Benjamin Durand-Doris Abéla dialoguent sur leur « Rendez-vous » amoureux, à la plage des paumés. Dans un autre style, « Lalala », ballade piano/voix, est une claque romantique. Souffle coupé jusqu’aux paroles expirées du chœur.

Le mot devient plus fort encore lorsqu’il se fait rare.
La verve laisse place à un texte dans son plus simple appareil, minimaliste, proche du haïku, cet instantané de sensations.

« Personne » et « Malgré la pluie » sont d’électro-pop contemplations. Ultime moyen de ralentir le temps.

Tout « Le long de la Grève », la vie revêt son plus bel habit poétique. Palpitant.


BENJAMIN DURAND : bandcamp