Soirée en clair-obscur avec la poésie des deux oiselles de Birds on a Wire, Rosemary Standley de Moriarty et la violoncelliste Dom la Nena. Moment de grâce.

Rosemary Standley et Dom la Nena, une alchimie autour d’un disque

Vendredi 10 octobre. Nort-sur-Erdre, petite bourgade de 8000 âmes, à 30 km de Nantes, accueille Birds on a Wire pour interpréter des reprises (quasiment) de leurs « influences propres… et sales » comme le dit ce soir-là avec humour Rosemary. Avant de plonger dans leurs miscellanées live et pour se remémorer leur disque sorti chez Air Rytmo (label anagramme de Moriarty).

Un public de tous âges pour répertoire de tous les temps. Dans la salle comble, le brouhaha laisse place à un silence religieux, l’osbcurité à celle de la douce lumière des ampoules suspendues, telles des étoiles tombées du ciel.

Birds on a Wire - crédit photo-jeremiah

Birds on a Wire – crédit photo-jeremiah

La brésilienne Dom la Nena apparaît, s’asseoit et accueille son enfant de bois et de cordes avec délicatesse. La lueur de deux lampes éclairent les partitions à la mode romantique du XIXe siècle. Au contact de l’archet, les cordes chuchotent. Un son velours caresse le silence. L’échappée commence.
Dom la Nena enchaine les boucles au violoncelle. Alternant enregistrement et pause. Un monsieur pense à voix haute : elle joue en playback. Sourire. Une partie du public ne connait ni l’une ni l’autre des artistes. Certains pensant que ce sont « juste » des interprètes. Espérons que le concert titille leur curiosité.

Birds on a Wire, la plus belle définition de la musique

Avant de voir Rosemary, c’est sa voix qui entre sur scène. Imposante par sa puissance et sa justesse. L’espace lui appartient. Flânant au rythme du violoncelle, la franco-américaine envoie balader les lumières-étoiles qui filent de gauche à droite, puis ses chaussures à talons pour s’asseoir sur le plancher, mains ouvertes vers le ciel. Recueillement.

Ce qui est amusant, et dont je ne me suis rendue compte qu’après coup, c’est qu’il ne s’agit quasiment que de chansons écrites par des hommes pour des femmes, des lettres d’amour déçu.
Rosemary Standley

Birds on a Wire est une alchimie. Et la magie se répand. Les deux élégantes, en robe, étoles sur les épaules, se font tour à tour émouvantes avec All the world is green, amusantes avec la berceuse vénézuélienne Duerme Negrito, captivantes avec Senza Fine de Gino Paoli qui n’est pas sur l’album -chouette un cadeau- ou bien troublantes avec la reprise d’un titre du père de Rosemary, Wayne Standley, avec The man who looks like me. Une des dernières chansons, Sambinha, est signée Dom la Nena dont il faut -petit intermède- voir le clip qui est à lui seul, la plus belle définition de la musique. 
À l’image de cette vidéo, les oiseaux s’envolent ensuite vers nous pour partager au plus près leurs chants et, chut…


Elles continuent leurs voyages en France et ailleurs, avec un passage au Trianon à Paris le 03 novembre !