En France, on connait Bruce Springsteen notamment pour ses tubes « Streets of Philadelphia » et « Born in the USA ». Dans son autobiographie « Born to run » sortie le 27 septembre 2016, Le Boss parle de son parcours et, comme dans ses chansons, dresse le portrait des personnes chères, des compagnons de route et des piliers de sa vie. Découvrons l’auteur de 67 ans nous conter sa dernière histoire, celle d’un gamin du New Jersey surnommé Blinky !

Depuis plus de 40 ans, le songwriter démontre que c’est un prodigieux conteur des cabossés de la vie, largement inspirés par ses racines et son entourage. Et les quelques 600 pages de « Born to run » laissent entendre sa voix (et non celle d’un ghostwriter) avec sincérité et humour après sept années de rédaction.

Le petit Bruce Springsteen

L’icône du rock américain parle de « fissures » dès les premières pages. Celle des trottoirs de sa rue, il les connaît par coeur. Viendront les autres, celle qui façonnent de guingois.

Il décrit généreusement son enfance aux couleurs irlandaises par son père et italiennes  par sa mère dans l’atmosphère catholique du New Jersey ainsi que la poésie et les forces sombres qui l’animent déjà.

Elles ont toutes les trois survécu à leur mari, à la guerre, aux tragédies, à la quasi-pauvreté et sont restées indomptables, invaincues et résolument optimistes. Ce sont LES PLUS GRANDES.(…) Travail, foi, famille : c’est le credo italien que je tiens de ma mère et de ses soeurs. à propos de sa mère Adele Zerilli, de ses sœurs Dora et Eda

La musique sera une révélation. Le « Big Bang » aura pour nom, Elvis et les Beatles. Il tond les pelouses pour s’acheter sa première guitare sèche à 18 dollars. Et crée un premier groupe, The Merchants. « On faisait juste du raffut », raconte le rockeur.

Le rock, en fin de compte, est une force religieuse et mystiqueBruce Springsteen

Il sera viré de la bande à cause de sa « guitare merdique ». Sa mère, soutien inconditionnel, empruntera de l’argent pour lui payer sa première guitare électrique. Un geste qui vaudra de l’or.

Le succès de « Born to run »

De ses débuts balbutiants à ses triomphes éclatants avec le E Street band, il déploiera la même énergie féroce sur scène, la même générosité avec son public. Avec une sincérité désarmante, il affirme que sa voix, son « outil d’artisan, pas un instrument raffiné »,  l’a poussé à rechercher la qualité d’écriture.

J’ai écrit Born To Run assis sur le bord de mon lit. Il ne s’agissait pas juste d’écrire au sujet de quelque chose mais d’écrire sur tout. (…) Mon écriture se focalisait sur des questions d’identité, de savoir ce que signifiait être américain.Bruce Springsteen

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1975, fin de la galère et début du succès avec « Born to run »

Ce sentiment donne « Born to run » qui le propulse médiatiquement en 1975. Ensuite, il y aura les espoirs et les difficultés de la classe ouvrière avec « Darkness at the Edge of Town » (1978) et « The River » (1980), le Viêtnam avec « Born in the USA », véritable chanson de protestation. Puis, le sida avec « Streets of Philadelphia » (1994), la crise avec l’austère « The Ghost of Tom Joad » (1995), le racisme avec « American Skin » (2001). Enfin les attentats du 11-Septembre avec « The Rising » (2002), dans lequel Bruce Springsteen parle de courage, de sens du devoir, de sacrifice et d’espérance.

Confidences du rocker devenu père

Dans les derniers chapitres proches de la confession, Bruce Springsteen revient sur ses rapports difficiles avec son père, sur l’amour inconditionnel de sa mère et sur la dépression chronique qui le ronge. « En studio et en tournée, j’étais une locomotive lancée à pleine vapeur. En dehors… Ce n’était plus la même histoire. J’ai fini par m’avouer qu’au repos je n’étais pas bien et que pour me sentir bien, il ne fallait pas de repos. »

Eperdu d’admiration pour ses maîtres, Bob Dylan, les Stones, qu’il aime voir vieillir, le rocker assume avec un bonheur non dissimulé son statut de père. Humblement Bruce Springsteen parle de ce rôle difficile avec ses ratages et ses incompréhensions, épaulés par sa femme véritable pilier dans sa vie, Patti Scialfa.

Heureusement pour les parents, les enfants ont une grande faculté de récupération et une généreuse capacité de pardon. Ma femme m’a guidé sur ce chemin et c’est mon fils qui a été mon professeur.Bruce Springsteen

Et c’est en parcourant ces derniers chapitres sur sa vie personnelle qu’on comprend mieux ce qui, en dehors de son rock puissant aux chansons sociales, vaut à Bruce Springsteen l’attachement de millions de fans dans le monde entier et sa longévité musicale.

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La femme de Bruce, Patti Scialfa


Commander le livre « Born to run » — Bruce Springsteen : site officiel