Ce titre Buvard interpelle la fille née en 1980 que je suis. J’ai vu naître les jeux vidéos, j’ai vu aussi mourir le buvard. Et c’est une auteure nantaise de 27 ans, Julia Kerninon, qui rappelle à ma mémoire ce papier de couleur assoiffé, avec son premier roman. 

Où ça un buvard ?

Huis-clos entre Caroline N. Spacek à la gloire littéraire rapide, scandaleuse et l’un de ses jeunes admirateurs. Lou, étudiant homosexuel, absorbe la vie de l’écrivaine comme un buvard, lors d’une longue interview-confession. Un jeu de miroir s’installe. Se construit alors un véritable thriller littéraire.

Je me contente de peu. Je vis avec que dalle ! Ça me laisse plus de liberté.
Julia Kerninon

Le Buvard, c’est bon !

Le découpage en menus chapitres facilite le dévorage… Remarque toute pragmatique mais si, comme moi, vous lisez dans les transports en commun, il est agréable de ne pas s’arrêter au troisième retrait à la ligne du troisième paragraphe. Les phrases sont parfois étonnamment longues mais,  comme un enchainement de coups à la boxe, rythmées. Le style est percutant au service d’un subtil portrait de femme, fière et fragile.
L’échange entre l’étudiant et l’écrivaine permet d’aborder les questions de l’inspiration, de la création littéraire et de ce qui gravite autour, répondant à tout ce qu’on aurait toujours voulu savoir sur l’art d’écrire, en tant que lecteurs, sans jamais oser le demander.

Qui est Julia Kerninon ?

Née en 1987 à Nantes, Julia Kerninon vit à Paris où elle est actuellement thésarde en littérature après avoir crapahuté par-ci, par-là, et mène une recherche sur la revue américaine, The Paris review et la mythologie des écrivains américainsBuvard est son premier roman en littérature générale. Il a obtenu plusieurs prix dont le Prix Françoise Sagan 2014. L’écrivaine a reçu une bourse de la Fondation Lagardère pour son second roman, Attila.


 JULIA KERNINON : Extrait de Buvard twitter