Un spoken word tel un coup de poing, des textes travaillés finement, une instrumentation originale, le style Cabadzi est remarquable. En concert le 12 décembre au Pan Piper à Paris, on interview ce groupe mené par Olivier Garnier dit « Lulu », qui n’a pas toujours fait de la musique d’ailleurs… 

Interview de Cabadzi pour la sortie de Des angles et des épines

Depuis le premier album Digère, recrache en 2012 (Cabadzi ne considère pas Emeute de souffles en 2009 comme leur premier album mais comme le projet qui les a réunis et qui est une maquette, ndlr), le groupe a changé, il s’est agrandi. Pouvez-vous nous en dire plus ?

On souhaitait depuis un bon bout de temps donner une patte plus orchestrale au groupe sur scène. Nous avons donc fait appel à deux « cordistes » multi-instrumentistes, . Ça nous permet de créer des harmonies de cordes (Anne Berry au violon alto, et Pierre Thary au violoncelle) et des harmonies de cuivres (trompette avec Jonathan Bauer et Pierre Thary, bugle), ça rend le truc un peu plus « fat » en live tout en accentuant le côté acoustique.

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Cabadzi emballe, dans tous les sens du terme ! Emballage at home des nouveaux albums

Cabadzi, dans sa formation initiale, a vécu une première vie, celle des arts de la rue et du cirque contemporain. Quel souvenir en gardez-vous ?

De très bons souvenirs, le milieu du Cirque Contemporain est un milieu très inventif, très DIY, et je pense qu’on l’a gardé dans nos pratiques musicales, autant dans le rapport à l’album que dans le rapport au public.

D’ailleurs, comment passe-t-on du cirque à la musique ?

C’est un accident de parcours qui a fait qu’on a quitté ce milieu en 2009. L’un des acrobates avec qui l’on bossait s’est fait débaûcher par un énorme cirque Canadien. Avec Vikto (Victorien Bitaudeau), le beatboxer, il ne nous restait que la musique, soit on changeait carrément de métier, soit on tentait le coup :)

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Revenons à « Des angles et des épines ». Pourquoi une tracklist narrative de l’album ? Elle finit par un « spin off bonus » appelé « Bonjour tristesse », clin d’oeil au livre à succès de Sagan ?

Oui évidemment, c’est un grand livre. Et surtout, ça collait bien à ce morceau, qui n’est au final toujours pas sorti… On le sortira le jour de Noël, le 25 décembre, avec un petit truc en plus !

L’écriture finement ciselée, les clips noir et blanc de Cabadzi font partie de sa signature. De quoi vous nourrissez-vous pour créer, pour écrire, pour réaliser les clips ?

On est passionné par pas mal de choses. Beaucoup de lectures, de films, et temps perdu sur Youtube :) On découvre tout juste le rapport à la vidéo, et réaliser des clips a été un vrai déclic, ça nous passionne, on trouve ça très marrant à faire, c’est un peu notre récréation quoi.

On entend parfois « Cabazi ressemble à Fauve ». Alors qu’il est plus juste de dire Fauve est de la même famille que Cabadzi puisque votre formation est née avant. Quand on assiste à un tel succès pour un groupe très jeune tel que Fauve, se dit-on que c’est le miracle de la musique aujourd’hui avec internet et les réseaux sociaux ou que c’est aussi la magie du marketing ?

C’est vrai, et on a souvent beaucoup de mal à le comprendre. On a vraiment l’impression de faire autre chose, musicalement, textuellement et de venir d’un autre milieu. Certes, on a un flow et/ou une voix qui se rapprochent peut-être, mais bref, la ressemblance, si elle existe, s’arrête là. Après, bravo à eux, ils ont réussi à développer un univers très personnel, à en faire un succès énorme, sans céder aux sirènes de la facilité, et ça, c’est classe.

On a juste envie, dans un monde où tout se ressemble, tout se lisse, tout se déshumanise, d’ajouter une part de nous-mêmes dans les objets que l’on propose aux gens.
Cabadzi

D’ailleurs, vous produisez-emballez vous-mêmes vos disques, vous faites la promotion du fait-maison et aussi du « fabriqué à Nantes » avec des produits de belle facture. Comment définiriez-vous votre démarche ?

On a juste envie, dans un monde où tout se ressemble, tout se lisse, tout se déshumanise, d’ajouter une part de nous-mêmes dans les objets que l’on propose aux gens. C’est aussi le moyen d’aller plus loin, dans ce qu’on dit, que de défendre des gens qui fabriquent de beaux carnets comme Calepino ou font du bon vin (Cédric Garreau, jeune viticulteur en vin nature à Beaulieu sur Layon, ndlr), et ça, juste à côté de chez nous. On a envie de partager ces plaisirs avec ceux qui nous suivent, de construire une démarche.

Ce 6 décembre vous serez au Festival Tissé-Métisse à Nantes, le 12 décembre au Pan Piper à Paris puis de retour à Stereolux à Nantes le 13 décembre. Quelles sont les autres destinations pour la suite de la tournée sachant que pour le précédent album vous vous étiez envolés pour la Colombie ?

Beaucoup de dates en France déjà pour 2015, en Estonie et en Allemagne également. On aimerait vraiment retourner en Amérique du Sud également. On est en train de bâtir tout ça pour l’année à venir, on en saura plus dans quelques semaines !

La question My Happy Culture : quelle est la dernière chose qui vous a rendu particulièrement heureux ?

D’avoir entrevu le soleil, ce matin, entre deux énormes nuages gris de décembre.

>> Rappel : 6 PLACES À GAGNER  pour le concert de CABADZI et HIPPOCAMPE FOU le 12 décembre  au Pan Piper/Paris 


Crédit photo: Nik8 photographe
Merci à Labo Culture et à Cabadzi pour le temps consacré

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