Christine and the Queens. Ça sonne troupe de cabaret pour des nuits dancing…Après deux EP , « Miséricorde » et « Mac Abbey », on avait hâte que le petit troisième « Nuit 17 à 52  » pointe le bout de son nez.

Pourquoi Christine and the Queens ?

Christine perchée sur ses hauts talons serait la Reine de Saba et les cinq Queens en robe à paillettes feraient des portées acrobatiques de la Reine des Reines. Finalement on n’en est pas loin.

Christine est belle et bien perchée, sauf qu’elle n’a pas besoin de talons pour voir les choses sous un angle original.

Essuyant le refus de cinq travestis londoniens musiciens auxquels elle avait demandé de l’accompagner sur scène – éblouie elle-même par leur spectacle -, elle décide de faire l’homme-orchestre pour son projet mélangeant les genres. Elle endossera tous les rôles, sera au clavier (d’ordinateur aussi), aux cordes (vocales), à la vidéo (projections), à la photo et portera un smoking. Christine and the Queens, c’est elle et plein d’autres « elle », fantasques, dans un groupe fantasmagorique.

Après deux EP , « Miséricorde » et « Mac Abbey », on avait hâte que le petit troisième « Nuit 17 à 52  » pointe le bout de son nez. Il arrive en claquant des doigts sur un rythme jacksonnien qui scande un pétulant « Walk in ! step’ in ! » sur « Loving cup ».

So freaky !

« So freaky ! » comme dirait la grimpeuse d’octaves qui nous emmène dans son royaume organique – avec « Starshipper » notamment – fait d’entrelacs de paroles anglaises et françaises. Elle tord ainsi le cou avec habileté aux codes, mêlant la langue de Shakespeare à celle de Molière. Un mariage royal.

Héloïse Letissier, identité sous laquelle la connait ses parents, avance masquée… Décomplexée puissance 10, après avoir déjà repris un tube de Michael Jackson, la jeune artiste s’approprie Photos-souvenirs de William Sheller jusqu’à le réinventer façon hip-hop. Un beat de foOolie qui donne envie de lui tricoter une couronne de lauriers et qui clôture en majesté l’EP !

L’histoire de Christine et ses Muses plonge ses racines dans la vie nocturne underground londonienne. Et c’est dans la mélancolie et la confidence que le titre Nuit 17 à 52 nous tire par la manche. Au petit matin c’est l’horizon qui penche  avec ce compte à rebours poétique de la rupture amoureuse. Le nombre lutte contre l’oubli… murmure la freaky diva. Le talent aussi.


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