Il y a du Birkin dans sa voix, du Gainsbourg dans Hôtel Chopin et du Bertrand Belin à la composition de son album Et de Delphine Volange le Ciel était toujours sans nouvelles. Delphine Volange nous en donne avant d’enchanter la Maison de la Poésie.

Interview de Delphine Volange

Comment vous présenteriez-vous à ceux qui ne vous connaissent pas encore ?
Disons que je suis une jeune femme qui chante, en léger décalage de phase par rapport à notre époque… Certains pensent que j’arrive tout droit du XIXème siècle, d’autres savent bien que je reviens du futur… :-)

Quelle a été votre première émotion musicale ?
Pierre et le loup de Prokoviev, le lugubre envoûtant du loup…

[voici pour l’occasion un éblouissement visuel réalisé par Suzie Templeton, accompagné par les musiciens de l’Ensemble orchestral de Paris NDLR]

Comment passe-t-on de l’art lyrique à la chanson française ? 
Sous les auspices d’un pianiste classique qui s’est pris d’amour pour ma voix et s’est mis à composer sur mes poèmes… lesquels sont doucement devenus des chansons.

La musique vous a fait voyager. Pouvez-vous nous dire ce plaisir qu’a votre public étranger à vous écouter, donc sans tout comprendre (ou alors ils sont très forts) de votre écriture métaphorique ? 
À l’étranger, dès lors que le public n’est pas dans l’intelligence des mots c’est comme si la musicalité à l’œuvre dans les chansons et dans les vibrations de la voix  portaient en elles-mêmes toutes les subtilités du langage et emmenaient au-delà…
Ce qui émane alors c’est ce que l’on ne connaît pas vraiment de soi-même , c’est un mystère et une joie!

L’écrivaine Marie Nimier a eu de belles paroles vous concernant. Quelle est votre relation avec le monde de la littérature (quelques noms me viennent comme ceux d’Ornela Vorpsi et d’Eric Reinhardt) ? 
Il se trouve que j’ai commencé à chanter dans certains salons parisiens hantés par les écrivains, j’ai noué des amitiés avec certains d’entre eux qui m’ont bénie de leur regard bienveillant, parfois  photographiée (Ornela fait aussi de si belles images) ou merveilleusement soutenue.
Par-delà l’affection mutuelle voire l’admiration que j’ai pour eux, je suppose qu’ils m’envisagent plutôt comme une créature vaguement… romanesque.

Justement votre écriture, votre style si particulier. Comment se sont-ils construits ? 
Peut-être que ce que vous trouvez particulier c’est une tournure sobrement classique, par là un peu littéraire ou hors du temps.
Dans ce sens , ce qui me fait défi c’est d’accéder à toujours plus de simplicité, la grande affaire…
Bertrand Belin m’a beaucoup invitée à le suivre dans ce sens et je savais que c’était la juste voie pour moi.

Bertrand Belin a composé la plupart des mélodies de l’album et vous accompagne sur Sirènes et Sublimons. Elégance et romantisme vous unissent. Une rencontre fortuite ou provoquée ?
C’était une sorte de rendez-vous providentiel comme tout ce qui advient d’important dans la vie.
D’abord je fus sous le charme de ses chansons, il me semblait entendre ce à quoi j’aspirais pour moi depuis toujours et cela a fait que je suis venue vers lui et puis il m’a rejointe…et cela a patiemment donné ces miennes chansons, les nôtres.

Élégante, la mode semble avoir une place de choix ?
Pas tant la mode ni tout le tralala contemporain autour de la mode qui parfois  m’agace un peu j’avoue…. et puis en fait je n’aime pas parler chiffon mais oui j’aime les belles robes sapristi ! Les étoffes, les coupes dans le biais qui donnent la grâce et la tenue, la mousseline de soie, c’est une poésie…

Credit Photo : David Ignasweski

Credit Photo : David Ignasweski

Votre premier album s’intitule … Et de Delphine Volange le Ciel était toujours sans nouvelles. Nous en prenons donc aujourd’hui avant de vous voir le 29 janvier à la Maison de la Poésie à Paris afin de connaître vos prochains projets.
Je vous invite à venir voir en effet ce que donnent ces chansons revisitées pour la scène où je suis moins bonne élève qu’en interview… chère Faustine ! Mon concert me donne l’occasion d’appréhender naturellement la magie que je sais à l’œuvre dans toute chose depuis ma naissance. La réalité ultimement joyeuse de la vie.
Si j’ai un projet, il tiendrait plutôt en cette ambition avouée…

Qu’est-ce qui vous a dernièrement rendue particulièrement heureuse ?
Ma marraine que je n’avais pas revue depuis (à peu près) le jour de mon baptême (!) m’a envoyée une lettre exquise et pleine de tendresse, elle que je croyais disparue à jamais et qui ne m’a pas vue grandir, c’est comme un miracle amoureux, un nouveau signe ravissant que le temps fait illusion dans cette vie.


>> Rappel : 2×2 PLACES À GAGNER sur My Happyculture pour le concert de Delphine Volange le jeudi 29 janvier à La Maison de la Poésie à Paris

Clip réalisé par Armel Hostiou
Merci à Delphine pour avoir accordé de son temps à notre curiosité et merci à Laboculture 

Delphine Volange : facebook