Duel manie le songwriting avec brio pour des compositions qui font coup double et continue de titiller notre oreille interne !  Ce groupe créé Julien Boulfray et Brieuc Carnaille en 2006 a sorti leur premier album Gunnn Express, dans lequel la nostalgie s’escrime avec les souvenirs d’enfance sur fond électro-pop-rock-et-chanson-française-eh-oui-tout-ça. Des influences  hétéroclites pour un disque placé sous le signe du voyage. Interview.

Interview de Duel pour la sortie de leur premier album Gunnn Express

Gunnn Express sort le 23 mars après trois EP (Vertiges #1, #2 et #3) et un voyage à New-York. En quoi cette ville a eu une influence sur vous, sur l’album ?

Quand on est partis à New-York c’était à l’époque de nos toutes premières chansons, on chantait en anglais et, paradoxalement, c’est là-bas qu’on a commencé à écrire nos textes en français. Et tout est devenu plus évident pour nous. Au-delà de ça on a eu la chance de rencontrer à New-York des musiciens de groupes de rock-indé qui nous ont influencé au niveau du son et dans la façon d’aborder l’arrangement d’un titre, nous qui composons des chansons très classiques à la base, guitare-voix la plupart du temps.
New-York nous a ouvert de nouveaux horizons, à tous les niveaux, comme Paris l’avait fait auparavant, nous qui venons de province.
 

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Crédit photo : Lucie Sassiat

 D’ailleurs, vous chantez en français mais votre album s’intitule Gunnn Express. Quel a été le cheminement ?
C’est après avoir choisi les chansons qu’on allait garder pour l’album qu’on s’est rendu compte que plusieurs d’entre elles avaient pour titre des noms de ville, quand elles n’évoquaient pas directement le voyage. On a donc voulu donner comme titre à cet album le nom d’un train fictif, qui traverserait toutes ces villes pour revenir à l’origine. Et l’origine pour nous c’est Bob Dylan, c’est la première influence commune qu’on s’est découverte et qui nous a d’ailleurs toujours suivie. Bob Dylan s’étant fait appeler Elston Gunnn au tout début de sa carrière, on a pensé à Gunnn Express.

« Un shoot de lumière éclairera les pavés – Les écailles du ciel m’emmèneront vers les blés – Là où le temps fait se courber la ville – Un peu plus loin de toi« . Ce sont les paroles de Hey, tu ne me manqueras plus et pas un titre ne fait exception en matière d’écriture de haute volée dans cet album. D’où vous vient cet amour des mots ? Par ailleurs, des auteurs/lectures à nous suggérer ?
Musicalement, même en anglais on a toujours uniquement écouté des artistes dont on aimait les textes : Bob Dylan, The Smiths ou plus récemment The Libertines ou The Walkmen par exemple. On est surtout influencés par la poésie surréaliste et Dylan, comme Bashung en France, peuvent être des portes d’entrée musicales vers cette poésie. Sinon on s’inspire de tout, de littérature, de peinture, de cinéma, vraiment de tout. Difficile de suggérer des auteurs, j’ai relu La confusion des sentiments de Zweig il y a quelques jours, c’est plutôt pas mal (!) Comme le reste de son oeuvre…

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Pour lire un extrait, cliquez sur la couverture

Vous vous êtes rencontrés en 2006. Avez-vous été tenté de jeter l’éponge durant ces années et avant votre rencontre avec votre label Roy Music ?
Jamais, tout s’est fait progressivement et notre musique a constamment évolué, même si c’était dans l’ombre on a toujours eu le sentiment d’avancer vers quelque chose d’évident.

La tournée approche avec notamment le Pan Piper à Paris le 23 mars. Sur scène qui fait quoi ? D’autres acolytes se joignent-ils – vous ?
Nous sommes à deux guitare-voix. On est accompagnés sur scène par Raphaël Thyss, notre « magicien », celui qui nous permet de pouvoir retranscrire sur scène l’univers de l’album, les arrangements enregistrés en studio.

Et, en tant que spectateur, quel concert restera un souvenir impérissable ?
Bashung à l’Olympia lors de sa dernière tournée, en 2008. Et plus récemment Alex Cameron, un jeune australien qu’on a découvert à la Boule Noire à Paris, en première partie de Hamilton Leithauser le chanteur de The Walkmen.

Duel suggère un duo musclé, pétillant, et l’album suit effectivement cette dynamique. Même quand le contenu est mélancolique, la musique tire la tristesse vers le haut. Plus qu’un style, un état d’esprit dans la vie ?
Oui sûrement, on regarde tout le temps droit dans le soleil. En prenant bien garde de ne pas s’en approcher de trop près évidemment…

Quelle est la dernière chose qui vous a rendu particulièrement heureux ?
C’était il y a quelques jours, donc la sortie de notre album !


Un grand merci à Duel pour leurs réponses et merci à Maxime pour avoir permis cet échange !

Crédit photo  : Lucie Sassiat

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