Obscurité percée par des voix de grutières polonaises parlant de leurs rapports avec les hommes au travail. Sur scène des monticules de livres, parmi lesquelles Ana Igluka (auteure/interprète) et Delphine Coutant (auteure/compositrice/interprète) s’élèvent telles 2 géantes.

Ana Igluka, Delphine Coutant et Cécile Liège en héritière de Simone de Beauvoir

Car c’est bien un travail de titan qu’elles ont abattu avec Cécile Liège (documentariste sonore du Sonographe) pour créer ce spectacle vivant, librement inspirée de l’œuvre -prolifique- de Simone de Beauvoir. C’est pourquoi le spectacle s’intitulait initialement Autour de Beauvoir.

Sont déclinées des identités de femmes connues – je m’appelle Simone de Beauvoir-, et inconnues, d’hier – Je m’appelle Jeanne Euzenat– et d’aujourd’hui, d’ici – Je m’appelle Odette du Puigaudeau– et d’ailleurs… Leur dénominateur commun : le travail. Ce voyage en cette terre parfois méconnue qu’est la condition féminine, se veut créatif et, par touche, récréatif.
 

Ponctuée de témoignages émouvants, de lectures, mêlée de chansons poétiques et d’un insolite dialogue imaginaire, la musique constitue
le liant de toutes ses formes d’expressions et donne le ton aux propos. La mélancolie andante raconte les « dentelles et froufrous » entre les mains usées des lavandières quand un rythme allegro vivace introduit « Mademoiselle s’habille de travers », hommage aux femmes qui se travestissent afin d’accéder aux métiers d’hommes.

Ces femmes indomptables, sont les héroïnes d’une époque hostile à leur indépendance, d’un quotidien opposé à leur liberté. Ce qui est mis en lumière c’est cette énergie viscérale, cet intense désir de vie.

Petits pas pour chacune, grand pas pour toutes les autres, héritières de leur courage et compagnes solidaires de leurs convictions. Cette « sociologie artistique » comme l’a appelée une des intervenantes
de l’Espace Simone de Beauvoir lors de l’échange entre les artistes
et le public, a pour vocation, et c’est le cœur du projet, de devenir
une création partagée dès septembre 2013. Ceci afin de venir enrichir avec des amatrices cette bouleversante galerie de portraits. Alors, et toi, comment tu t’appelles ?


Entre nos mains :  site

Les prochaines dates sur la page Facebook de Delphine Coutant