Florent Chavouet a fait un petit frère à Tokyo Sanpo et Manabé Shima (voir la rubrique My little chouchous) ses précédents livres -mêlant carnets de voyages et journaux intimes- voici Petites coupures à Shioguni. Ce polar humoristique plante une nouvelle fois sa couverture cartonnée au Japon et fait partie, depuis dimanche, du palmarès du Festival de la BD d’Angoulême.  

Florent Chavouet et sa mine de coquin

Et ses dessins lui ressemblent. Dans Petites coupures à Shioguni, ça fait toulout, toulout, tioup, tioup, et fshhhh… quand Kenji se retrouve la tête sur le grill car :

Il a emprunté de l’argent à des gens qui n’étaient pas une banque pour ouvrir un restaurant qui n’avait pas de clients. Forcément quand les prêteurs sont revenus, c’était pas pour manger.
Extrait de « Petites coupures à Shioguni »

petites-coupures-by-florent-chavouet

Parlons techniques d’illustration…

Petites coupures à Shioguni utilisent des techniques aussi variées que cette merveilleuse cuisine japonaise : encre, crayons de couleur et -NOUVEAUTÉ !- aquarelle. Le roman graphique exprime toute la créativité de son dessinateur avec des cadrages et des points de vue insolites (notamment les vues de dessus), alternant documents d’enquête et planches au découpage innovant. Avec Florent, dites adieu aux plans plan-plan et aux typos bouaf-bouaf.

Et la forme, ça dit quoi ?

L’histoire burlesque avec ses livreurs de boissons, ses kobans, ses croc’s roses, son tigre en liberté et ses yakuzas improvisés, enchante autant que la forme, gros carnet au papier épais qui fleure bon l’encre.  Cette traque policière-autour de ce symbole nippon qu’est le distributeurs de boissons rétroéclairé- permet à Florent Chavouet d’éclairer de mille et un jeux de lumières un Japon nocturne et urbain avec tout ce qu’il subsiste de traditionnel et de… délicieusement décalé pour nous autres, Européens.


FLORENT CHAVOUET : blog – site