Chanteuse discrète et inclassable, Fredda revient avec un nouvel album dont le titre suggère la confidence et l’intimité, Le chant des murmures. Il refait le voyage de ses Vosges d’origine à ses aventures sac au dos aux Etats-Unis en passant par le Marseille de son adolescence.

Poésie et voyage avec Fredda

Depuis 2006 et Radiomatic avec ses reprises sixties, Fredda fait route aux côtés de son compagnon Pascal Parisot pour la réalisation, après l’avoir accompagné en tant que choriste et musicienne. Toutes mes aventures en 2007 et L’Ancolie en 2012 enregistré en live sont les fruits de cette collaboration qui forge le son et façonne son univers de concerts en concerts, de lieux atypiques au MoMA à New-York : un folk délicat, du blues acoustique et de la country US.

Pour ce quatrième opus, Sammy Decoster entre dans son paysage musical. Découvert en 2009 avec son album Tucumcari, son blues rock unique met en relief les grands espaces américains que sa musique évoque. Et c’est en le voyant jouer qu’elle a un choc.  

C’était nature, physique, ça a été un élément déclencheur. J’avais envie de ce lâcher-prise.
Fredda

Ode aux paysages et à la contemplation

Le chant des murmures est celui de l’amour (Le chant du retour), de la sagesse (l’hispanique Calavera « Qui vivra, verra, après quoi qui vivra, mourra »), de l’espoir (Pendant que je me parle, « c’est dans l’invisibilité qu’apparaissent les plus belles couleurs. À chaque jour suffit sa peine, et comme la coupe est pleine, vide-la. » ), de l’amour qui dure avec le violon alto de Bertrand Belin (Habitué à moi, « Je me sens ni de mon temps, ni de mon corps, ni de mon âge »), de la poésie urbaine en haut de ces montagnes archaïques que sont les barres de béton de Marseille, et c’est aussi le chant de la nature, celle des Vosges avec Le village. La ritournelle parle des souvenirs, ceux qui s’impriment dans la chair, « longtemps après l’avoir quitté j’ai gardé l’empreinte de ses baisers ».

Fredda en live

Fredda en live

L’artiste adapte en français When i was a young girl immortalisé par Nina Simone et plus récemment par Feist. L’âge d’or du plaisir porté par la voix frémissante de Fredda livre une nouvelle interprétation élégante.

C’est dans l’invisibilité qu’apparaissent les plus belles couleurs. À chaque jour suffit sa peine, et comme la coupe est pleine, vide-la.
Extrait de « Pendant que je me parle »

De la famille de Françoise Hardy et de Françoiz Breut par sa langueur et par son orchestration vintage parfois, délicate toujours, Le chant des murmures a le charme désuet de l’Ancolie comme le suggère la cover avec son grain.

Ode aux paysages et à la contemplation, au chant éternel de la nature et de ses murmures, l’album est semblable à un cru que les années ont embelli. Ses arômes sont à découvrir à l’ombre d’un arbre, avec la lenteur accordée à la dégustation.


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