En naviguant dans les Cyclades, l’existence se colore d’un camaïeu de bleus. Bleu ardoise, le chagrin du ciel. Bleu azur, l’amour de la mer Egée. Bleu céleste, le divin des chapelles.

La Grèce

total-yoghourt-greekCe pays où, quand la radio diffuse la disparition du PDG de Total, les gens pensent que c’est le fabricant national de yaourt.

Du coup, ils ont été rassurés de savoir que ce n’était pas le « bon ».

La Grèce. C’est du yaourt donc. C’est aussi des litrons d’huile d’olive. Burp. C’est que c’est long à digérer… Mais bon. Notre guide Katarina ne comprend pas que les français s’étonnent encore que tomates et poivrons nagent la brasse coulée dans une piscine de liquide jaune aux reflets verts. Et oui, on fait quoi nous avec notre motte de beurre !? Certes mais c’est plus rapide à digérer. Non, je ne lui ai pas dit parce qu’elle était sympa aussi de ne pas aimer le calamar alors qu’elle, elle est grecque. C’est comme un normand qui serait allergique au lait. Pendant ce voyage, on était donc soeurs de moussaka. Parce que quand vous n’aimez pas LE plat à tentacules qui est sensé faire baver d’envie, on vous sert l’aubergine en pleine séance de natation avec son amie la tomate. Vous l’aurez compris, ce n’est pas là-bas où je me suis le plus régalée pourtant, après essorage, c’était parfois excellent. Finalement j’en veux à mon estomac si fragile !

Les repas furent l’occasion de parler musique. Moustaki, ça veut dire moustache, Mouskouri bin ça veut rien dire, Zaz connaît en Grèce un franc succès avec sa chanson Je veux et Noir Désir avec L’homme pressé. Le grand public aime la revendication donc. Rien d’étonnant quand notre guide Katarina nous parle des chiffres du chômage. 26% aujourd’hui, ayant frôlé les 30% il y a quelques années, avec l’énormissime et choquant pourcentage de 60% chez les jeunes. Et quand on a la chance de travailler, le chiffre est alors bas. 400€ par mois. Pour autant, tavernes et bars de la capitale ne désemplissent pas. Comme les derniers refuges face à la politique d’austérité dictée.

Athènes.

Sortir par l’arrêt de métro Monastiraki dans la cité grecque à la nuit tombée réserve un spectacle d’un autre temps. L’Acropole se dresse fière de l’âge de ses pierres, et s’exhibe du haut de son plateau rocheux illuminé (désolée la photo est pourrie, l’émotion…).

Le quartier de Plaka entourant les glorieux vestiges, est l’un des plus vieux, des plus charmants et des plus fréquentés évidemment. On n’a pas le monopole du bon goût comme dirait l’autre.

Les ruelles labyrinthiques débouchent sur des places arborées, des vestiges ou des églises. Le jour, sur la Place Syntagma, les Evzones -la garde présidentielle- mouillent leurs collants, sous un soleil de plomb automnal, pour jouer leur rôle décoratif  touristique. Le moment de la relève est une cérémonie à la chorégraphie étonnante. On resterait bien à les regarder mais… il fait chaud même sans collant ni pompons !

Port du Pirée.

Un des plus grands ports au monde pour le trafic de passagers. Normal, on veut tous aller zyeuter le bleu des cyclades… alors à flot matelos, on embarque sur le ferry pour une  traversée jusque Naxos. Traversée un chouillat mouvementée. En même temps, ils nous avaient prévenus.  Paros Adventures. C’est surtout l’occasion de voir, nez au vent, le ciel changer de visage. Le soleil disparait dans une myriade d’ocres. La nuit tire sa couverture étoilée au-dessus de nos têtes. Tout en continuant de se déhancher, le bateau perce l’obscurité.

Naxos.

Les petits vieux sont là. Un pêcheur vend ses prises du jour. Une mamie fait sa lessive perdue sur les hauteurs d’une colline,  quand une autre claudique dans les rues désertes au crépuscule. Naxos a gardé son charme en gardant ses habitants. Carrière de marbre, oliviers, chapelles et kitron -une liqueur issue des feuilles de cédrat, un fruit méditerranéen proche du citron- font l’identité de cette île. Pas de doute, on s’y sent bien.

Santorin.

Quand on mène un abordage à Santorin, la caldeira en met plein les mirettes ! Ne pouvant éviter les comparaisons, Santorin avec Oia et Fira me font penser alors à la Corse avec Bonifacio. Vue grandiose. L’île recèle des trésors, comme le Musée Préhistorique de Thira, malgré le tourisme de masse qui la malmène, il faut bien le dire. En octobre, c’est la fin de la saison nous dit la guide. Imaginez la foule quelques mois auparavant, accostant sur le volcan, et comme des milliers de fourmis, se promenant sur la caldeira à la queuleuleu… Heureusement les couleurs et les lumières qu’on y admire sont inaltérables.


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Pour en savoir plus sur les randonnées à faire, voici les bons plans d’un prof belge fondu de Cyclades : site rando