Groenland a fait le tour du Canada et de l’Europe avec une pop orchestrale et électro-acoustique bouillonnante à faire fondre une banquise ! Leur premier album est enfin arrivé en Europe le 20 avril, youpi ! Pour l’heure, My Happy Culture sort son dictionnaire québécois car quand on sait ce que sont les « gosses » Outre-Atlantique, on s’équipe en outil linguistique.

Groenland est du Canada. Vous voulez qu’on se mélange notre géographie ou bien ?

Exactement ! Ça ne fait pas de mal d’oublier d’où on vient un peu et d’écouter la musique pour ce qu’elle est, sans distinctions linguistiques ou d’origine. Le nom nous inspirait un monde exotique où les animaux et les humains doivent se rassembler pour survivre l’hiver.

« Groenland », ça nous évoquait un genre d’endroit où l’on s’entraide et où l’on est soi-même.
Sabrina Halde, chanteuse du groupe

Le 16 avril 2013 est sorti votre premier album « The Chase ». Que s’est-il passé après, sachant qu’il est fraîchement sorti le 20 avril 2015 en Europe ?

Il s’est passé deux belles années d’apprentissages, d’émerveillement, de tournée, de fatigue, de tournages d’émissions et de clips vidéos, de gratitude. Nous avons beaucoup voyagé dans notre beau Québec, en Ontario, un peu dans le Canada, à L.A., en France et en Allemagne. Ce fut une série d’expériences et de rencontres incroyables.

Groenland a reçu et continue de recevoir une belle reconnaissance du Canada et de l’Europe pour ce premier album riche en cordes et de la voix puissante de Sabrina. Qu’est-ce qui change déjà pour la préparation du second album ? Influences, écriture, arrangements ?

Je crois que l’indie est un peu moins impressionnant qu’il a été vers 2008-2009. Les influences musicales changent un peu, mais le besoin d’être soi-même est toujours présent. Le plus gros changement est le défi du temps : on doit réaliser un album en un an, alors que le premier s’est construit à travers les années. Personnellement, je voudrais seulement que notre musique reste sincère et utile et pouvoir en être fière d’un point de vue artistique. Probablement qu’il y aura apparition de nouveaux instruments, mais rien qui dénaturera notre projet comme les gens le connaissent. Tout est encore embryonnaire, alors on verra, mais je peux dire que je vais tout faire pour garder une intention pure dans les paroles et la musique.

Après votre tournée par monts et par vaux depuis 2013, les membres de Groenland ne doivent plus avoir de secrets entre eux ? La vie de groupe ça se gère comment ?

Être dans un band, c’est comme vivre dans une micro-société. Tout le monde cherche sa place, et les bons et mauvais côtés de chacun ressortent très rapidement. Je crois que la seule façon de faire survivre un band est de s’engager pour évoluer ensemble. Comprendre les limites de chacun, et travailler fort pour créer une symbiose. L’ouverture à la communication est la base de tout. Si un membre ne sait plus pourquoi il fait ce qu’il fait, l’équilibre s’effrite. Je crois qu’il faut beaucoup de tolérance et surtout, se débarrasser de son égo pour réussir à ne rien prendre personnel. Bref, oui, on se connaît par coeur, et on sait ce qu’on a à travailler. Tant qu’on a envie de travailler sur nous-mêmes, tout est possible.

Étant très réceptive et sensible, je m’épuise facilement dans une société où tout est rapide, tout est en changement, en mouvement.
Sabrina Halde, chanteuse du groupe

La nature est une grande source d’inspiration pour votre musique dites-vous. A ce propos, quels souvenirs en avez-vous ?

Personnellement, je suis née sur une ferme. J’ai habité dans une campagne pas trop éloignée de Montréal, et je suis certaine que ça a forgé ma sensibilité. Je suis toujours plus moi-même quand je suis près de la nature. C’est un accès facile à une certaine clarté, un recul, une paix. Étant très réceptive et sensible, je m’épuise facilement dans une société où tout est rapide, tout est en changement, en mouvement. La nature est une sorte d’entité à qui je m’adresse quand j’ai besoin de me reposer et de prendre du temps pour moi. Quand j’ai écris les paroles du premier album, je n’ai réalisé qu’après à quel point la nature étant présente dans mes mots.

On fait quoi quand on apprend qu’une de ses chansons (ici Our hearts like gold) est choisie par Apple pour une pub, avec en voix off Martin Scorsese ?

On ressent beaucoup de gratitude. Ces moments-là sont une partie de la raison pourquoi l’on fait ce métier. Je sais que c’était un rêve de Jean-Vivier qu’une de nos chansons soient sélectionnées par Apple, étant lui-même un consommateur de ces produits-là. Je me souviens avoir découvert pleins de beaux bands avec ces pubs-là comme Feist, par exemple. Bref, c’est un bon moment, on le prend et le garde pour les moments plus difficiles.

Qu’est-ce qui vous a donné de la joie récemment ?

La plus grande joie que j’ai eue récemment, c’était au retour de la grande tournée européenne, quand j’ai réalisé que j’étais capable de relever ce genre de défi. J’ai eu beaucoup de problèmes vocaux et de fatigue l’année passée, et j’ai cru que je ne pourrais pas faire ce genre de tournée. Mais que ça s’est vraiment bien passé ! Ça a été une belle réalisation personnelle et pour le band. Cheers !

Sabrina Halde : Voix, ukelele, clavier, percussions
Jean-Vivier Lévesque : clavier, électros, percussions
Jonathan Charette : Batterie
Simon Gosselin : Basse
Gabrielle Girard-Charest : Violoncelle
Ariane Gruet-Pelchat : Violon


Merci à Eloïse de La Mission et à Groenland pour cette interview :)
Photo cover : LM Chabot (qui font des photos de dingoOos !)

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