Le 16 octobre le duo Holy Two, enrichi de Rémi à la batterie sur scène, a lancé une deuxième bombe au titre shakespearien A Lover’s Complaint. Pour leur venue au Ferrailleur à Nantes ce lundi 26 octobre, My Happyculture fait son curieux auprès d’eux ! Interview.

Holy Two, un païen et une impie pour une sacrée musique

Holy Two avec Elodie, Hadrien et Rémi nous en disent plus sur eux et leur nouvel EP. On pourrait chercher à classer leur musique mais électro-pop est trop réducteur avec les beats hip hop, les paroles parfois rappées… C’est inclassable, écoutez !

Interview de Holy Two pour la sortie de A Lover’s Complaint

Holy Two

Elodie (claviers/voix) : Hadrien est un. Je suis un. Nous sommes deux. Hadrien est païen. Je suis impie. Mais ensemble, nous sommes sacrés. Sacrés deux !

Hadrien (guitare/voix) : Parce qu’on est sacrés et qu’on est deux. Une des choses dont je suis le plus fier.

Rémi (batteur live) : Elodie et Hadrien sont à l’origine du nom. Mais pour moi il évoque le côté complémentaire et sacré d’un couple. Deux personnes qui une fois unies, créent une alchimie unique et profonde.

 

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Holt Two / Crédit photo : Coxphotography – Lucie Rimey Meille

Votre ville

Elodie : Marseille originellement. Lyon dans mon coeur. Londres dans mes rêves.

Hadrien : Originaire de Besançon, vis à Lyon et vivra à San Fransisco.

Rémi : Besançon

Vos premiers accords

Elodie : La mineur 9. Naturellement.

Hadrien : Au clair de la lune

Rémi : Hey Jude de The Beatles

Votre première émotion musicale

Elodie : A 20 ans de Lorie. C’est aussi la première chanson que j’ai reprise, j’avais changé les paroles, c’était devenu A 9 ans
Hadrien : Miles Davis dans le ventre de ma mère
Rémi : Babe I’m Gonna Leave You – Led Zeppelin

 

Vos racines

Elodie : Père français, mère chilienne, grands parents uruguayens…

Hadrien : La basse de mon père, le blues et le rock’n’roll.

Rémi : Tout a commencé par le rock, j’ai été attiré par la batterie en voyant des lives d’AC/DC et Téléphone sur VHS.

 

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La photo de famille avec, de gauche à droite : Elodie, Hadrien, Rémi et Victor (ingé son, manager)

Votre rencontre

Elodie : Fortuitement dans un amphithéâtre d’école d’architecture, où j’avais “malencontreusement” oublié mon stylo. Bien obligée d’écrire le cours, j’ai du solliciter Hadrien, le petit nouveau de l’école.

Quant à Rémi, c’était le meilleur ami d’Hadrien depuis longtemps. La première fois qu’il est venu chez moi, il a cassé le parapluie de ma voisine, et j’ai du lui repayer. Depuis c’est l’amour sans limite.

Hadrien : Elodie ma littéralement agressée pour avoir un stylo pendant un cours d’archi ennuyeux, depuis on est sur la même longueur d’onde pour beaucoup de choses. Avec Rémi, on s’est connu il y a un bon bout de temps maintenant, on a toujours fait de la musique ensemble. Il est, avec Elodie, une des personnes avec qui je m’entends le mieux dans la vie et musicalement. Alors quand on a décidé de compléter le live avec un batteur, on a tout de suite pensé à lui, ça allait de soi.

Rémi : Hadrien et moi avions un groupe de rock/pop/punk sur Besançon il y a 8 ans (The Electrix). Nous avons donc crée un lien très fort qui nous unit encore aujourd’hui. En 2012, avant même que le nom d’Holy Two n’existe, j’ai fait la connaissance d’Elodie et nous avons boeufé tous les trois dans notre ancien local de répète à Besançon et c’était super cool! J’ai été, comme la plupart des gens, subjugué par sa voix. Un peu plus tard, quand Holy Two a eu besoin d’un batteur, ils ont fait appel à moi et je me suis greffé naturellement au groupe.

 

A Lover’s Complaint

Elodie : Ma plus grande fierté pour le moment. Le fruit d’un long et fastidieux travail, avec Hadrien d’abord puis avec de nombreux intermédiaires par la suite, ce qui nous a apporté une grande richesse et une diversité dans les compositions.

Hadrien : L’EP s’inspire de ce poème de Shakespeare : on aime puiser nos influences dans les histoires d’amour compliquées et on aime cette idée de ressentir de la jouissance dans des moments tristes. Ce titre nous plaisait aussi car ce projet est avant tout une histoire d’amour entre les membres du groupe, du label Cold Fame Records et du reste de l’équipe (Rémi, Victor notre ingé son et manager, etc).

Rémi : C’est le premier EP auquel j’ai participé, autant dans les arrangements que dans l’enregistrement. Nous sommes tous très fiers du résultat, avec une palette d’ambiances changeantes à chaque morceau. Ces différents côtés d’Holy Two montrent qu’il n’y a pas un style en particulier pour caractériser le groupe, tout en gardant une identité propre.

Votre premier concert en tant que Holy Two

Elodie : Inoubliable pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’on n’avait jamais envisagé de jouer les morceaux qu’on avait écrits avec Hadrien. Dans l’euphorie du moment, on avait accepté de remplacer un groupe au pied levé, sauf qu’on n’avait que trois morceaux et qu’on devait jouer une heure. Ensuite parce qu’on a joué dans une salle mythique (et mystique), le Moko à Lyon. Personne ne connait cette salle et c’est normal. Il n’y avait ni sono, ni retours, ni même pieds de micro. C’était ma grande première sur scène et je me souviens m’être dit que la vie de musicien n’étais pas si rose qu’on me l’avait vendue. Enfin parce qu’on avait joué avec les Last Train, qui avaient à l’époque à peine 18 ans (tout comme moi), et qui sont aujourd’hui à la fois notre label et nos meilleurs amis.

Hadrien : Aussi horrible que merveilleux pour notre premier concert en duo. Un super souvenir la première fois avec Rémi.

Rémi : C’était le 17 décembre 2014 au Ninkasi à Lyon. Pour info on avait répété pour la première fois la semaine du concert, c’était assez intense pour eux comme pour moi car c’était tout nouveau. Mais le concert s’est super bien passé, j’en garde un très bon souvenir.

Votre angoisse

Elodie : Tout ce qui est irréversible

Hadrien : La solitude

Rémi  : Perdre un membre de type bras/jambe 

Votre mélodie du bonheur

Elodie : Aujourd’hui, Multi Love de Unknown Mortal Orchestra. Mais ça change à peu près tous les jours.

Hadrien : Let It Happen de Tame Impala

Rémi : I’m So Excited de The Pointer Sisters

 

Vos révoltes

Elodie : La météo en ce moment

Hadrien : Les bouteilles vides dans le frigo… Plus sérieusement, je suis tout à fait d’accord avec Rémi !

Rémi : Même si on constate une légère évolution positive, le métier de musicien/artiste est encore trop considéré comme un loisir, un passe-temps aux yeux de la plupart des Français, qui ne se rendent pas compte de la quantité de travail que cela implique.

Vos doutes

Elodie : Est-ce que Bénabar s’appelle Barnabé (tutafé, ndlr)

Hadrien : Cette question.

Rémi : Je n’appellerais pas ça un doute, mais je me questionne souvent sur l’avenir de la musique en général. Vu la vitesse à laquelle ça évolue, j’ai vraiment hâte de voir à quoi ressemblera ce milieu dans 10-15 ans, que ce soit dans les styles que les gens vont préférer écouter ou l’avenir des artistes dans le marché du travail.

Votre victoire

Elodie : 6-2 / 5-6 au tournoi de tennis du club en 2009 (match abandonné par l’adversaire donc ? :) ndlr)

Hadrien : Je pars du principe que rien n’est jamais accompli, ni gagné. Je suis suis souvent insatisfait, mais ma vraie victoire sera de rendre mes parents et mes futures enfants fiers de moi.

Rémi : Vivre de ma passion, même si c’est un combat à long terme.

Votre dernier concert en tant que spectateurs

Elodie : Jeanne Added à la Laiterie à Strasbourg, un très beau concert. Mais je n’étais pas vraiment spectatrice car on faisait sa première partie (même si j’y serais probablement allée si elle passait à Lyon). Sinon en tant que spectatrice volontaire, Tame Impala à Rock en Seine.

Hadrien : Last Train à Rock en Seine.

Rémi : Jeanne Added à La Laiterie de Strasbourg

 

Votre dernière lecture

Elodie : Pascal Brutal de Riad Sattouf. J’adore son univers et je ris toujours beaucoup en lisant ses BD.

Hadrien : Sur la route de Jack Kerouac. Des voyages et de la folie, tout ce que j’aime.

Rémi : 211 Idées pour devenir un garçon génial de Tom Gutler (et ça marche ? ndlr)

Votre dernière joie

Elodie : Mon pain au lait du matin (et celui du midi… et celui du soir) (on comprend tellement ! ndlr)

Hadrien : Le son de ma pédale reverb Strymon Bluesky.

Rémi : Voir autant d’enthousiasme de la part du public pour lequel on joue.


Merci à Claire du label Cold Fame Records et à Holy Two à trois !

Retrouvez leurs dates de concert : sitefacebook twitter