Ibeyi était en concert à Stereolux à Nantes le 22 mai. My Happy Culture y était pour découvrir les deux soeurs franco-cubaines qui jouent de leurs contrastes avec un premier album éponyme salué. Quand la mer joue avec le feu, que se passe-t-il ? 

J’entre dans la salle de concert, la Macro de Stereolux, déjà en effervescence. La lumière se fait nuit pour éclairer une scène habitée de claviers d’un côté, de percussions et d’une table de mixage de l’autre. Le public est chaud comme une baraque à frites !

La prière d’Ibeyi

Lisa-Kaindé et Naomi surgissent de l’obscurité sous la ferveur et entonnent a capella une prière nommée Eleggua. Plongée instantanée dans les rites de la religion cubaine santerià  qui trouve ses origines dans les ethnies Yoruba d’Afrique, on respire et on inspire l’âme afro-cubaine, son vaudou, ses croyances, à pleins poumons.

Ensorcellantes Ibeyi

De leurs contrastes et de leurs origines, elles tirent leur inspiration et leur musique. Pendant que Lisa-Kaindé à la chevelure explosive, fait ondoyer les mélodies derrière ses claviers et synthés, Naomi, aux cheveux contenus dans un chignon qui culmine sur sa tête, met le feu à son batà ou bien se tient à califourchon sur son cajon, instrument qu’elle avoue n’avoir osé toucher qu’à la mort en 2006 de leur père Miguel Angà Diaz (raconté dans Mama Says) , excellent percussionniste du Buena Vista Social Club.

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Ibeyi – Crédit photo : Stéphane Coupé – www.stephanecoupe.com

Ses fille de la mer et de la foudre dans la religion Yoruba imposent chacune leur style, jazzy, soul, hip hop, électro -car l’une écoute ceci, l’autre préfère cela- tout en créant l’alchimie autour du rythme et de leurs voix. Leurs titres en choeurs en disent long sur leur symbiose. Complices sur scène, leurs regards en disent long sur leur amour. Et c’est d’amour, de mort et de disparition dont elles nous parlent dans la joie et le dépouillement musical. On pense à Meshell Ndegéocello, Nina Simone ou Kate Bush. À peine 20 ans, et déjà tout ça. Leur producteur Richard Russell de XL recordings, label explorateur de The XX et d’Adele, a été la rencontre magique pour elles.

Un héritage spirituel et  culturel

La célébration continue entre applaudissements et interpellation du public par l’énergique Naomi. Ibeyi rendent hommage à Oyà, la déesse dansant sur les tombes, avec un chant traditionnel. Mais nous n’avons rien à craindre, car elle est protectrice. Comment en douter avec ces deux déesses qui nous livrent un live à la fois sensible, profond et groovy ?
Et, déjà, l’ultime rappel avec River. Dans un dernier souffle les maîtresses de cérémonie éteignent les deux bougies allumées sur scène à leur arrivée. Les jumelles ont dédié leur disque à leur père et à leur soeur aînée, récemment disparue. Ces deux flammes qui brillent leur sont sans doute dédiées. Un live définitivement habité…

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Ibeyi – Crédit photo : Stéphane Coupé – www.stephanecoupe.com


06/06 – Strasbourg / La Laiterie
13/06 – Marseille / L’Edition Festival
01/07 – Paris / Philharmonie 2 (Festival Days Off)
04/07 – Belfort / Les Eurockéennes
09/07 – Nice / Nice Jazz Festival
30/07 – Lyon / Les Nuits de Fourvière
02/08 – Sète / Fiest’à Sète

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