Juliette Armanet a sorti cette année son premier EP « Cavalier seule » et a enchanté le cercle de fans déjà constitué au Festival Les Inrocks 2016. Une signature chez Barclay plus tard et la revoilà à quelques semaines (on espère !) de la sortie de son premier album. Mélancolique oui, drôle aussi ! Découvrez l’artiste en interview.

Juliette Armanet, interview pour « Cavalier seule »

Elle met une queue de cheval, elle coiffe délicatement la crinière de sa monture, elle joue de la lyre-brioche (faites un tour sur sa page facebook) et le visuel de son premier album nous emmène sur la plage des premiers baisers, coquillages et crustacés. Juliette Armanet s’est créé un univers délicieusement décalé avec la collaboration de Théo Mercier. Ce décor drôle et piquant complète à merveille ses compositions souvent mélancoliques. Mais pas que ! puisqu’elle se dit autant influencée par Debussy que par Ophélie Winter ! La chanteuse a de sacrés chevaux sous le capot.

Voici l’interview de l’auteure-compositeure-interprète Juliette Armanet. Sortie de son premier album prévu au printemps 2017.

Ta première émotion musicale

Mon père en train de jouer une de ses compositions au piano, chez nous, à Lille. Quand j’entends ces mélodies aujourd’hui, c’est fou ce que ça suscite en moi. Mille fois plus efficace qu’une photo. Tout revient d’un coup… l’enfance, et ses notes.

Tes premières notes

Un bon vieux Do Mi Sol, j’imagine. Très petite, je pense. Bébé, sur les genoux de mère ! De toute façon tout le monde jouait tout le temps, se mettre derrière un instrument n’était pas un évènement en soi, plutôt un truc très naturel.

Plutôt autodidacte ou conservatoire

Totale autodidacte. Quelques cours par-ci par-là avec un voisin sympa, Monsieur Martin, mais rien de concluant. Je ne sais pas lire la musique ! À mon grand regret, maintenant, d’ailleurs. Je rêverais de prendre une partition ! C’est magique.

Le piano. Ma bête noire. Mon pote. Mon éternel tête à queue.

Tes racines

Lilloises. Petite maison en briques rouges planquée dans le brouillard. Avec un grand bouleau dans le jardin. On faisait du vélo autour.

Ta ville

Ma ville, c’est Paris. Elle me tue, mais je m’y sens chez moi.

Ta première chanson

Composée pour une femme. Chanson d’amour adolescente, pas si lointaine de ce que je fais aujourd’hui, bizarrement. Romantisch un jour, romantisch toujours.

« Cavalier seule »

Mon blason, mon baptême, mon premier EP. Le titre aussi, d’une chanson (sur mon EP) que j’ai composée l’été dernier… elle me donne du fil à retordre en live, elle est épouvantablement difficile à chanter. Aucune place pour respirer! Hymne de liberté… en apnée !

Son artwork/photo

Réalisé par mon ami de toujours, mon fidèle chevalier visuel : Théo Mercier. La photo a été prise par Erwan Fichou. Et le graphisme réalisé par Jeremy Piningre. On a trouvé l’idée en divaguant comme des enfants dans un bus au Mexique. Théo m’a parlé de cette queue de ponette, (une chevelure synthétique à 12 euros à Château Rouge), on a ri, puis on l’a fait dès notre retour à Paris. Le résultat est tellement poétique….une douce provocation, qui va si bien à ma musique.

« Mirages » avec Saycet

Saycet, c’est un ami depuis 15 ans. On ne fait pas du tout la même musique, mais on est très attentifs et épris de nos projets respectifs. On déjeune deux à trois fois par semaine ensemble, on est hyper proches!

Quand on l’a joué en live ensemble, c’était une immense émotion. On osait à peine se regarder dans les yeux.Juliette Armanet à propos du duo avec Saycet

Bref, un jour on répétait, il m’a fait écouter cette chanson, il était tard dans son studio… j’ai commencé à la fredonner au piano, il a adoré, on a un peu travaillé, et deux jours plus tard, on l’a enregistré.

Corail avec Julien Doré

Ah Doré l’adoré ! Julien, il m’a fait faire mes premières parties. Mon premier Olympia, mon premier Grand Rex… Il a un côté parrain avec mon travail. J’ai du bol. A l’époque, il venait écouter toutes mes premières parties, et il me donnait plein de conseils ! Moi j’ai tellement appris en le regardant ! Bref, Corail, il me l’a proposé un matin dans sa cuisine, très simplement. Ma voix rentrait bien dans la chanson, on s’est dit que ça marchait. On l’a enregistré quelques heures plus tard ! J’avais le trac, chanter les mots des autres, je ne sais pas trop faire, mais il m’a bien dirigée. Mon papy adore cette chanson.

Ton style 80’s

Ah bon ? C’est 80’s ? Je croyais que c’était seventies, moi… héhé.

Ton premier concert en tant qu’artiste

C’est encore aujourd’hui, toujours un peu mon premier concert… je commence a avoir un peu de kilomètres au compteur, mais ça reste encore très nouveau pour moi. Et tant mieux.

Ton angoisse

En général ? Mon angoisse ? C’est une sacrée question… Sans doute de pas rencontrer mon public… ? Le gros bide, quoi, ça c’est l’angoisse. La vache.

Ta mélodie du bonheur

Les Mots Bleus de Christophe (J’ai opté pour la version 70’s, plus chantée qu’aujourd’hui, ndlr)

Ta dernière déception

Je n’ai pas pu assister au concert de Cléa Vincent (avec le nantais Lenparrot en première partie). J’aurais adoré. J’ai chanté de loin, mais c’était pas pareil, clairement.

Tes conseils lecture

Annie Ernaux. Annie Ernaux. Annie Ernaux… La place, Les années, et Mémoire de Fille. Une » écriture blanche » complètement splendide. Fan.

Ta bouffée d’oxygène

Mon bon vieux paquet de clopes tout noir avec ces nouveaux visuels si jolis. Mmmmm.

Ton dernier concert en tant que spectatrice

Y’en a plein. Mais Flavien Berger à Pete The Monkey, c’était un moment hors du temps. Je ne l’oublierai pas celui-là.

Date de sortie de ton premier album

Fin février genre. J’aimerais tellement que ça soit déjà dehors, j’en peux plus, il faut qu’il naisse ce divin enfant !

Pochette de l'album à paraître fin février 2017

Ta dernière joie

La toute dernière chanson de Blondino : Bleu. C’est… « bleau » (interview de Blondino)


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