Les Inrocks Festival 2016 ont relevé le challenge pour leurs 30 ans : programmer en majorité des artistes qui n’ont pas encore sorti de premier album ! Le samedi 19 novembre au Stereolux de Nantes passaient dans la catégorie Sans-premier-album, la dynamite Juliette Armanet et les originaux Her. 

Juliette Armanet aux Inrocks Festival 2016

Elle claque des doigts, joue des sourcils et des épaulettes façon 80’s dès son premier titre, Manque d’amour. Sa frange, elle, reste en place, quoiqu’il arrive. Derrière son clavier numérique, elle interpelle Stereolux : « Donne-moi ton amour Nantes ! ». On est là, Juliette, t’inquiète. Et bientôt beaucoup plus nombreux quand sortira son album au début 2017.

Ses montées vocales sur les paroles parfaites de L’amour en solitaire s’accompagnent d’un tremblement de la lèvre inférieure. Elle vit sa musique. Et quand elle chante « c’est l’homme de ma vie… » en regardant un spectateur et qu’elle ajoute avec malice « il est gêné… », l’homme a les joues rosies et l’oeil brillant, séduit par cette audace féminine… Instant romantique interrompu par mon voisin qui m’éructe sa bière dans le creux de l’oreille. Magie des Inrocks Festival qui brasse la bière et les publics.

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Artwork : Théo Mercier  !

La bottine noire de Juliette tape le sol et scande le rythme effréné de Cavalier seule, hymne à l’indépendance et à la force de caractère d’une femme qui ne veut appartenir à personne. « La liberté est mon animal (…) cavalier seule, femme-cheval ». Ses trois élégants musiciens 80’s, chemise blanche, pantalon noir, la soutiennent parfois en choeur. Effet comique assuré.

Tout son EP y passe, plus quelques surprises, et cette pop-machine à la voix cristalline nous charme avec ses balades désenchantées, à la fois acides et sucrées. Un style que la jeune femme à la frange et à la ceinture brillante prend plaisir à allier à un univers kitsch et surréaliste pour des chansons électro-pop sublimes. Une artiste à part et à suivre donc…

Juliette Armanet : revoir Arte Concert Inrocks Festival

Her, pop soul venue de Rennes

Autre style, autres tenues avec les cinq Bretons de Her, en costume lie de vin. Ils sont faits sur mesure, avec la maison de couture Rives. Ambiance James Brown, Otis Redding, soul américaine des 60’s. Ils la détournent vers une électronique sensuelle. Une musique résolument charnelle, féline. Les femmes ne sont pas sur scène avec Her mais dans leur équipe et dans le public !

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En chemise blanche, le duo fondateur de Her, Simon Carpentier et Victor Solf qui fait hurler les fans et sa grand-mère

À commencer par la grand-mère du chanteur à mes côtés qui sautillent en tapant des mains, popopopops ! The Popopopops, c’était d’ailleurs le précédent groupe de Victor et Simon.
Quand le groupe entame Five minutes, que Victor lève les deux poings au ciel, tel un Mohammed Ali vainqueur, en chantant le refrain, c’est toute la partie féminine de Stereolux qui frétille, qui hurle, qui répète « il est beau, il est beau ! ». Ce que je remarque surtout c’est l’intensité avec laquelle il ressent sa musique et la facilité naturelle avec laquelle il sort ses notes magnifiques. Une voix remarquable.

Celle de Simon n’est pas en reste non plus, et à eux deux la musique noire américaine connait une autre vie, enrichie de sons électros et pop. Her a de beaux jours devant lui avec leur créativité et leur qualité scénique !

Her : revoir Arte Concert Inrocks Festival


Direction artistique de l’affiche des Inrocks Festival : Studio Playground Paris