Ce 02 mars est sorti Invisible World de Madjo. L’artiste prend le temps de nous dévoiler un peu de sa part invisible.

Madjo en dit plus sur son « Invisible World » et sur elle. Interview

Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, et en quelques mots, qui est Madjo ?
Je suis auteure-compositeure, je sors aujourd’hui mon deuxième album que j’ai produit seule, loin de Paris. J’ai sorti un premier opus Trapdoor en 2010 (Universal/Mercury ).

A quel moment la musique est apparue dans ta vie ?
La musique a presque toujours été dans ma vie. Après de longues études classiques j’ai enchaîné sur une école de musiques actuelles où j’ai pu aborder tous les styles de musiques. À l’âge de 3 ans j’ai réclamé à ma mère de m’inscrire à un cours de violon, elle n’a pas compris d’où me venait cette lubie. A la maison, mes parents n’écoutaient pas de musique classique, j’ai insisté deux longues années avant de pouvoir toucher mon premier instrument.

Ton univers est riche, ton écriture très imagée et pleine de poésie. Qu’est-ce qui t’inspire ?
Tout m’inspire ! Le lieu de composition a son importance évidemment. Les gens avec lesquels je travaille aussi. Les livres, les films, la musique, mes états d’âmes, ceux des autres! Mon inspiration est un capharnaüm extérieur qui finit dans mon intérieur.

D’ailleurs, le titre que tu écoutes en boucle en ce moment ? Le livre qui est actuellement sur ta table de chevet ?
J’adore le dernier album de Björk, j’aime le titre Lionsong. Mon livre de chevet est La géographie de l’instant de Sylvain Tesson.

Ton nouvel album s’intitule « Invisible world ». A quoi cela fait-il référence ?
Je vais commencer par citer cette écrivaine Frédérique Deghelt qui dit beaucoup de chose sur le choix de mon titre…

Si l’on doit admettre que ce qui ne se voit pas n’existe pas et ne mérite pas de nom, alors notre naïveté est sans bornes.
Madjo

Il y a quelque chose d’inexplicable dans le processus de composition. Il n y a rien de planifié, si ce n’est qu’on se retrouve avec des musiciens dans une pièce, les notes arrivent, se forment, racontent doucement une histoire. Le ton monte, la répétition de certains thèmes reviennent. Rien n’est réfléchi pour ma part, dans un premier temps du moins…. La composition m’échappe bien souvent et c’est dans cette part invisible qu’il se passe je crois les plus belles choses. C’est justement cet aspect impalpable, irrationnel qui me pousse à la création.

madjo-chanteuse

Crédit photo – EMMA PICQ – www.emmapicq.com

Le premier album Trapdoor est composé de titres en français et en anglais alors que cet album est exclusivement écrit en anglais. Du coup, la démarche créative est-elle différente selon que tu chantes en français ou en anglais ?
La démarche reste la même. Je ne crois pas aux barrières des langues, surtout en musique. C’est un langage universel. Demain je chanterai peut-être en arabe, en hébreux ou en wolof ! Pour cet album l’anglais me tenait à coeur, je l’ai senti plus que réfléchi.

Ce deuxième album est différent. Avec des sonorités issues de la montagne, de pierres, d’échos… Plus brut. Plus sauvage. Une envie de retour aux sources ?
Je vois que la bio est passée par là (sourire). C’est un album sans barrières, que j’ai pris le temps de construire. D’où le besoin de quitter Paris et sa frénésie ambiante. J’ai passé deux années avec trois supers musiciens –Julien Bar, Boro Tripcevic et Julien Vasnier- , nous nous sommes enfermés littéralement, avons fait les savant fous avec nos machines et nos instruments. Effectivement je me suis reconnectée aux essentiels, ce qui doit forcément se sentir dans l’album.

Dans le clip Choose the heart, premier titre de ton nouvel album, on te découvre en pleine ascension de l’aiguillette d’Argentières, chaussons d’escalade aux pieds et mains recouvertes de magnésie. Es-tu alpiniste dans la vraie vie ?
Alpiniste est un trop grand mot. Je suis une amoureuse des montagnes ! Mais oui, je grimpe depuis petite avec mon père qui m’a transmis son amour des sommets et de la nature.

Tu sembles très sensible à l’esthétisme graphique qui entoure ta musique. D’ailleurs, tu comptes de jolies collaborations avec Emma Picq (booklet de ton album), Shirley Monsarrat (clip « Choose the heart ») et Ellen Sylla (projet Trapdoor 12 titres/12 videos). Tu participes grandement à l’élaboration ou tu laisses libre court à l’imagination des artistes qui t’accompagnent ?
C’est une collaboration, j’ai besoin d’avoir mes idées, mes références, pour ne pas partir complètement de rien. C’est aussi une histoire de confiance et ces trois femmes-là sont extraordinaires, aventurières-cascadeuses. Cela a été facile de travailler avec elles car nous parlions, je pense, le même langage.

Nouvel album à paraître le 02 mars prochain. Lancement de la tournée avec une date le 18 mars à Badaboum – Paris. Entrée sur la scène musicale imminente. Dans quel état d’esprit es-tu ?
Je suis en manque de scène et de tout ce qui en découle. Les rencontres, les énergies, le mouvement, oui le mouvement me manque. J’ai été contrainte à la vie sédentaire pendant la production de l’album il est temps que ça s’arrête.

Une dernière question pour My Happy Culture : récemment qu’est-ce qui t’a rendu particulièrement heureuse ?
D’avoir réussi à aller au bout de cette histoire, ça n’était pas gagné, l’autoproduction est un sacré combat ! Mais au final le jeu en valait la chandelle.


Pour ces mots, merci à Madjo

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