En 2007, on s’enivrait de «Paris», titre de «L’Intranquille», l’album de son ex-groupe Subway dans lequel elle chantait et grattait la guitare. Amandine Maissiat décide en 2009 de sortir du métro pour prendre l’air en solo. Et ainsi retrouver son piano…

Maissiat nous emmène sous ses Tropiques

Dix chansons aux mélodies mélancoliques qui plantent leurs épines dans des arrangements élégants avec Katel à la réalisation. C’est, de bout en bout, à tomber d’amour. On voudrait résister à la tentation -par pur plaisir- tel Ulysse devant Circé et ses philtres. Et puis les mots soufflés par la voix éolienne de Maissiat font s’envoler nos papillons intérieurs. Les mélodies tourbillonnent autour de la formule magique « piano-batterie-voix » avec, notamment, le sensible Trésor. La chanteuse-compositrice-interprète nous prend par les sentiments en offrant ce bouquet de fleurs vénéneuses, Tropiques.

Pour moi, on est à poil quand on est amoureuse. Et quand on chante, c’est un peu pareil. Ce doit être une forme d’amour.Maissiat

L’écriture élégante suggère le bestiaire d’un Delacroix (La fabrique des fauves), les amours empoisonnées car « couronnées d’arsenic » d’un Musset (Soûle, le mélancolique Tropiques ou le solennel Fin de nuit), les paysages fantastiques d’un Gautier (Jaguar), le voyage symbole d’Idéal d’un Baudelaire (Havana).

Maissiat nous emmène dans son odyssée, au cœur de la passion, des élans, de la séparation. Avec « Tropiques », le Romantisme reçoit de belles manières ses lettres de noblesse d’une magicienne du XXIème siècle. On succombe et, plus encore, on s’empoisonne avec délice.


Crédit photo Cover : R.Lugassy