La musique de Mathilde Forget nous fait un peu moins regretter que Frédéric Chopin et George Sand n’aient pas monté un groupe pop à leur époque. Pour l’heure, celle de la sortie le 24 novembre de son EP Les sentiments et les forêts et de son concert le 26 septembre Pan Piper à Paris, l’artiste répond à nos interrogations. Loup y es-tu ?

Interview de Mathilde Forget pour la sortie de son second EP, Les sentiments et les forêts.

Loup y es-tu ? car c’est avec un loup que Mathilde Forget joue dans le clip qui annonce le premier titre de son prochain EP, Les sentiments et les forêts. La forêt et ses bêtes sont pour elle un territoire familier. Elle aime s’y perdre. Déambulations et explications.

Quand as-tu joué ta première note de musique ? La chanson est-elle venue à cette époque ou plus tard ?

Mathilde Forget : à l’âge de six ans. J’ai commencé la musique au Conservatoire. J’étudiais le solfège et le violon. La chanson est venue plus tard avec la guitare. Vers l’âge de 15 ans.

Emilie Simon est à l’origine de ta carrière en musique car elle a été le « déclic » dis-tu et Benjamin Biolay une révélation car l’écouter t’a décomplexé de chanter en français. Y a-t-il d’autres personnes qui t’ont inspiré ?

C’est grâce à ma mère si j’ai fait de la musique si tôt. La musique faisait partie de la maison. Et puis mes premier morceaux je les ai composés sur son piano. Elle est le point de départ c’est certain. Cat Power a été et est importante pour moi. Elle respecte le silence, le met en valeur, elle est immense avec peu. C’est important pour moi de ne pas oublier l’importance de la simplicité et du silence.

Peux-tu nous en dire plus sur ton EP « Le sentiment et les forêts » qui sort en novembre ?

C’est une nouvelle aventure pour moi car j’ai l’habitude de travailler seule, mais cette fois j’ai demandé à Edith Fambuena de co-réaliser cet EP. J’étais tellement heureuse qu’elle accepte !

Je suis vraiment contente du résultat. Elle a respecté mon univers en ajoutant ce qu’il manquait. Elle mérite sa grande réputation. Elle a beaucoup de talent. C’était super de travailler avec elle.

« Ma première émotion musicale a été le concerto pour deux violons de J.-S. Bach. Je l’ai senti dans tout mon corps. Là j’ai compris que la musique était une expérience physique. »

Comment s’est noué le lien entre la nature et toi car elle apparait au premier plan aux côtés des sentiments et des émotions ?

Je suis née à Grenoble au milieu des montagnes. J’ai fais beaucoup de randonnées et je continue. J’adore marcher dans les montagnes. Quand j’écris une chanson c’est pour parler des émotions qui s’emparent de moi. L’amour et la nature me donnent mes plus grandes émotions. Voilà pourquoi cet EP s’appelle ainsi.

Ton univers est mélancolique. Il y a cette phrase de Stromae qui dit joliment : la mélancolie, c’est de la tristesse avec la tête haute. Qu’en penses-tu ?

J’aime l’idée d’associer la mélancolie à une tristesse qui rend plus fort. C’est difficile de définir la mélancolie. J’aime ce qui est difficile à définir. C’est aussi pour ça que j’écris des chansons. J’ai écrit une chanson sur la mélancolie, La route de nuit. Je ne sais pas si j’ai réussi à en parler correctement. Il n’y a pas de vérité. Chacun porte sa propre mélancolie. C’est un sentiment qui n’est pas désagréable en tous cas.

Quel est ton meilleur souvenir de concert en tant qu’artiste ? 

J’aime de plus en plus être sur scène. Avant tout ça m’angoissait. Maintenant je fonce et j’essaye de tout donner. J’adore ça. Mon dernier concert est un bon souvenir. C’était au festival Les enfants de la Seine à Bennecourt. Celui aux Francofolies en 2013 restera gravé bien sûr. C’était seulement un an après notre premier concert. La salle était pleine. Les gens se sont levés. C’était magique.

Et en tant que spectatrice ?

En tant que spectatrice c’est celui de Cat Power à La Route du Rock il y a quelques années. Elle est arrivée en retard. Tout le monde était alcoolisé et énervé. Elle est arrivée, et avec deux accords de guitare et sa voix elle a captivé absolument tout le monde. Elle dégage quelque chose de très fort.

Mathilde Forget ©Pauline Goasmat - www.paulinegoasmat.fr

Mathilde Forget ©Pauline Goasmat

Dans la série « ces chansons qu’on écoute en cachette sans jamais l’avouer », tu as dit un jour que tu reprendrais « Pour que tu m’aimes encore » de Céline Dion. Pourquoi celle-ci en particulier et, notamment, quand ? 

Ah oui il faut absolument que je le fasse ! J’adore cette chanson. J’adore le texte « Je deviendrais ces autres qui te donnent du plaisir. Vos jeux seront les nôtres, si tel est ton désir. » J’aime les arrangements aussi. C’est une chanson qui est très dure à chanter. Il y a tout le temps des modulations. Céline est trop forte. J’aime cette chanson aussi parce que, au fond, j’ai l’impression que tout le monde l’aime. Enfin… toutes mes copines en tous cas !

Dans tes souvenirs les plus lointains, quelle a été ta première émotion musicale ?

C’était en écoutant le concerto pour deux violons de J.-S. Bach. Ce fut mon premier plaisir musical. Je l’ai senti dans tout mon corps. Là j’ai compris que la musique était une expérience physique.

Quelle est la dernière chose qui t’a rendue particulièrement joyeuse ?

Ma petite soeur a obtenu son master. J’étais heureuse pour elle !


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