L’ancien chanteur d’Eté 67, Nicolas Michaux, sort son premier album intitulé A la vie, à la mort comme une promesse de lover attendrissant ou bien de garnement cynique.  Alors découvrons ce Liégeois, habitant de Bruxelles « ville belle et laide à la fois », adepte des contradictions et artisan d’une pop artisanale et poétique.

Nicolas Michaux, artisan pop

Nicolas Michaux a été beaucoup en mouvement ces dernières années. Canada, Danemark, Congo… Ces va-et-vient lui inspirent les dix titres de A la vie, à la mort. Puis vient le temps de l’enregistrement, de la lenteur (en autoproduction) avec une guitare acoustique, un clavier et du matériel rudimentaire dans la ville qu’il a adopté, Bruxelles.

Une équipe l’entoure et donne forme à la matière première dont Pierre Van Braekel (manager de Girls in Hawaii) et Julien Rauïs (ingénieur du son et DJ bruxellois) qui va coproduire l’album et insuffler sa passion pour la soul 70’s et le funk 80’s.

La richesse musicale (Part of no part), le phrasé nonchalant qui glisse parfois vers l’érotisme (Un imposteur), et son bilinguisme gracile (Nouveau départ, Croire en ma chance) nous emportent tout droit vers Gainsbourg.  Et là on se dit qu’on a de la chance.

A la vie, à la mort, et à l’amour

Cet opus est un ensemble de variations subtiles autour de l’amour et du désamour, du déchirement et du rapprochement, enveloppées de douceur et de fragilité… Mais aussi, teintées d’ironie ou de cynisme (A la vie, à la mort, Croire en ma chance, et Avec vous).

Croire en ma chance, croire en le hasard infaillible
Quelle insolence, pouvoir vaincre toutes ces choses invincibles. Oh street haunt… Dans une vie fantôme. Croire en sa chance. Mourir un drapeau blanc dans la main. Quelle élégance, croire en l’amour de son prochain…
Extrait de « Croire en ma chance »

Qu’est donc cette mélancolie à double-tranchant, touchante et moqueuse, si ce n’est la conscience du temps qui fait et qui défait à l’envi et contre lequel on ne peut rien ?
Et c’est avec beaucoup de poésie que Nicolas Michaux célèbre ce mariage de l’humanisme au fatalisme comme le montre le clip de Nouveau départSouvenez-vous, lors de son interview pour My Happy Culture le Belge nous parlait des belles années de la banlieue industrielle de Liège dont sa famille est originaire, l’usine la semaine, les danses et les fêtes le week-end. Nicolas n’a connu que les ruines de ce monde : paysages désolés, usines fermées et chômeurs désœuvrés. Et cette dimension marque profondément le disque.

J’ai grandi dans cette espèce de nostalgie mélancolique d’une région qui fut puissante et florissante et ne l’est plus. Ça laisse des traces.NICOLAS MICHAUX

Il faut continuer à vivre après la destruction, chercher l’espoir et la dignité. Et c’est ainsi que ces dix chansons fissurées et fragiles rebondissent allègrement sur la vie, ses joies et ses malheurs, pour déjouer l’inéluctable.

Retrouvez plus d’infos avec notre Interview de Nicolas Michaux 


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Photo de l’album : Lara Gasparotto – Artwork : Simon Vanrie