Quand on part en voyage en Norvège, il faut s’attendre à deux choses : on va te demander pourquoi est-ce-que tu pars dans le froid alors qu’on a attendu l’été, son soleil et sa main chaude dans le dos pendant tout lhiver-lautomne-leprintemps et on va te souhaiter, malgré tout, de bonnes vacances en Suède !

Forcément quand en plus on revient du pays des Vikings avec de la morue séchée et du bacon en tube, ça ne fait pas rêver. Et pourtant… oho Ooh ! Belle révélation de ce pays et de ses cinq (petits) millions d’habitants disséminés sur tout le territoire. Les norvégiens pensent que le luxe, c’est l’espace et on comprend pourquoi à la vue des paysages XXL.

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L’itinéraire dans les grandes lignes : de Bergen aux Lofoten en passant par Oslo

Ma première ville en Norvège : Bergen, ancrée dans la vie maritime

Du troll en graffiti, de la morue séchée pour porte-bonheur, des maisons de bois et en couleurs pour emblème, la ville de Bergen est un port d’envergure, au milieu des fjords de la côte norvégienne, qui continue de vivre avec les vestiges de l’époque de la ligue hanséatique (des maisons de bois aussi présentes que les Feux de bois à Amsterdam) classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

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Les façades de Bryggen, l’ancien et célèbre quartier marchand, rivalisent d’intensité avec le ciel

Sur le port, les étalages de poissons brillent de mille oranges car le saumon y fait sa starlette. À côté, la morue ou plutôt le cabillaud (la morue est la version « défraîchie » du cabillaud) fait de la figuration par-ci, par-là.
Sur les hauteurs de Bergen, les ruelles pavées escarpées révèlent un autre espace-temps avec des maisons de bois fleuries aux teintes pastels. Y règne une quiétude surprenante toute proche de l’hypercentre et de l’agitation Osloïte.

Quelques pas de plus suffisent à disparaître dans la verdure norvégienne pour une balade sur le dos de Fløyen, l’une des sept montagnes qui entourent Bergen sur lesquelles vivent certainement un peuple de Trolls.

Sognefjord, cinquante nuances de gris… et plus car affinités !

Alors là, attendion ZE déception du voyage, le ciel enterré du Sognefjord (pour Bergen j’étais prévenue, « temps exceptionnellement pluvieux », suffit de le dire hin…). Mais finalement, je rebondis en pensant que découvrir la Norvège c’est la voir sous toutes ses conditions météorologiques, hum… J’embarque pour cinq heures de vedette rapide car le Sognefjord est un des plus longs fjords au monde avec ses 200 km et comme le programme est chargé, on a opté pour le moteur plutôt que les rames, une fois n’est pas coutume.

Brume ou nuage, je ne saurais dire. Une ambiance fantastique car surréaliste, parfaite pour écouter un petit air de Viking metal ! 

Le mythique Train des Glaciers pour rejoindre la vallée sauvage de Flåmsdalen

Après le bateau, petit tour en train vintage ! Un parcours ferroviaire considéré comme un des plus beaux au moOonde. En admirant le paysage, pensée pour ses travailleurs qui ont œuvré à sa construction (tunnels compris) pendant 20 ans !

Le train me dépose à Vatnahalsen, un hôtel de montagne au milieu de nul part et digne de Shining pour son isolement et pour son long couloir, digne d’Ikéa pour son salon design et extirpé du Tyrol pour sa salle à manger qui regorge de babioles et de motifs.

De belles émotions gustatives dans cet hôtel avec les boulettes de rennes à la confiture d’airelles, ses potages aux légumes, son flan au lait d’amandes…

Oslo et la dolce vità norvégienne…

Oslo, c’est tout ça à la fois

Sa plage, ses skaters, ses chats, ses quartiers de maisons de bois (Rodeløkka et ses 137 maisons classées, Bergfjerdingen et ses habitations pour démunis du XVIIIe), ses couleurs (Grünerløkka, le quartier d’Edvard Munch et d’artistes aujourd’hui encore), son port et ses culturistes, son paisible cimetière (une autre adresse de Munch), ses œuvres d’art disséminées dans les anciens chantiers navals d’Aker Brygge, son opéra au design de glaçon par le bureau d’architecte Snøhetta, son magique Gulf Stream et sa douceur de vivre…

Et la Galerie Nationale d’Oslo !

La cerise sur le bløtkake, les îles Lofoten !

Du bateau, on aperçoit les îles attendues, dont on nous a tant parlées… Véritable série de Monts et Mårveilles dans le paysage à géométrie variable du cercle Arctique. Bienvenue dans les îles Lofoten qui époustouflent ! On peut tour à tour y faire de la luge, se baigner munis de gants et d’un bonnet, rentrer dans la maison d’un Hobbit, voir des vertèbres de rorquals qui font la moitié de soi et sentir ce petit fumet de morue chatouiller nos narines…

Et si tu lis Cent ans de Herbjørg Wassmo (Gaïa Éditions) qui habite au fin fond des îles Lofoten et qui  nous raconte son histoire ainsi que celle de sa famille sur 4 générations, tu approcheras un peu plus de l’esprit des Lofoten, avec ses nuits infinies, ses cabanes de pêcheurs sur pilotis, ses puissantes tempêtes, ses séchoirs à morue, ses montagnes acérées, sa beauté aussi lumineuse que ténébreuse…

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Ha det ! Au revoir chère Norvège !


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