Dans la tendance actuelle de la réappropriation de lieux abandonnés avant mise en œuvre d’un programme immobilier, voici un projet à courte durée de vie à Nantes. Trickart, label nantais, investit l’ancienne Maison d’Arrêt de Nantes pour organiser trois soirées et quelques visites au grand public avec Humanit’art. 

L’ex-maison d’arrêt de Nantes vous ouvre ses portes

Cet été lors du Voyage à Nantes, la Villa Ocupada en avait jeté plein la vue avec ses 2000m2 de bureaux désaffectés dans lesquels les artistes s’étaient exprimés du sol au plafond. Aucune comparaison possible ici.
Faire la queue devant la Prison Lafayette pour y entrer ne se fait pas sans interrogation sur ces moments de vie passés et sans pensée pour ces détenus à la courte peine (2 ans maximum) ou en attente de jugement.

Trickart et Kazy investissent les lieux

Trickart a donc installé ses boules à facettes et sa sono dans ces lieux grillagés, cloisonnés, clôturés. Parallèlement des artistes du Grand Ouest, dont Kazy directeur artistique de la Villa Ocupada (si vous avez les autres noms, nous sommes preneurs), ont exprimé les thèmes de l’enfermement, de l’isolement, des conditions d’incarcération sur les murs des cellules, du mitard, de la cour dédiée aux promenades…

Et, aussi, dans un long couloir ponctué de barreaux où les œuvres peintes reproduisent à l’identique les tatouages des taulards, réalisés lors de leur détention. À l’encre phosphorescente, chaque image est un extrait d’une mythologie personnelle, parfois commune car écho d’une tragédie. À la lueur de nos flashes, ces démons intérieurs et ces icônes religieuses brillent dans le noir corridor, rappelant simplement que la lumière peut émerger de l’obscurité. Et le contraire. À la fin de la visite, les questions sur le destin, la liberté, l’humanité hantent. Comment croire qu’on peut sortir indemne d’une incarcération aussi courte soit-elle ?


Pour les prochaines soirées et informations sur les visites TRICKART : facebook