Ce 26 janvier est sorti La cavale de Robi accueilli avec claquements de mains de part et d’autres. Comme l’artiste le chante, elle prend le temps d’être là et d’en dire plus sur son deuxième album co-réalisé avec Katel.

Interview de Robi pour la sortie de son album La Cavale

Le titre La Cavale, peut-on l’expliciter par ces mots extraits d’ Être là : Pas de destination, juste des corps en marche, être là, juste le temps d’être là ?
Oui c’est cela, juste des corps en marche. Nous avançons, nous courons, nous fuyons. Nous courons après nous-même et nous nous fuyons. Nous courons après le temps et nous le fuyons.

Chacune de nos quêtes est habitée de cela : l’amour, la réussite, le bien-être, l’enfantement même.
Robi

La hantise du temps qui passe étend son ombre sur La Cavale. Peux-tu expliquer cette forte présence du temps qui déroule, de la finitude en toute chose dans ton travail ?
Je n’ai aucune idée de la raison de la prégnance de cette obsession en moi. Mais je crois que nous la portons tous , intrinsèquement. Vivre et être conscient que nous allons mourir. Quel sens pouvons nous y trouver ? Chacune de nos quêtes est habitée de cela : l’amour, la réussite, le bien-être, l’enfantement même.

L’Afrique et La Réunion, où tu as grandi, t’ont-elles nourri musicalement et spirituellement ?
Je ne sais pas. Cette enfance, comme beaucoup d’enfances, a été pour moi l’espace de la liberté, de l’évidence, de l’éternité. J’étais au monde. C’est la fin de l’enfance qui en signe la mort. Le temps s’accélère, nous nous découvrons des envies, des besoins, nous devenons des individus, nous découvrons la solitude.

Comment s’est déroulé l’enregistrement de ce second album, notamment avec l’apparition dans ton univers de Katel ?
Cet album a a connu plusieurs étapes. Celle, première de la création, en solitaire, avec mes petits claviers et mon ordinateur. Puis Valentin Durup et Bertrand Flamain m’ont accompagnée dans les arrangements et nous sommes partis une semaine enregistrer, isolés à la campagne. Ils ont creusé avec moi les voies que j’avais empruntées et m’ont fait prendre parfois d’autres chemins.
Enfin et ensuite nous sommes allés passer trois jours en studio refaire quelques prises que nous n’avons d’ailleurs finalement pas forcément gardées, et enregistrer les batteries live avec Tatiana Mladenovitch, sous la houlette de Katel, qui a finit de polir et d’enrichir le propos.

Frank Loriou est à l’origine de l’artwork tout en contraste de La Cavale. Comment s’est passée votre collaboration, carte blanche ou orientations graphiques ?
Nous travaillons ensemble intimement depuis si longtemps que le chemin vers cette image semble s’être pris tout seul. Et c’est son talent, de savoir retranscrire en image l’immatériel d’une musique, d’un univers, d’une vision.

Quelle est la dernière chose qui t’a rendue particulièrement heureuse ?
Le rire de mes enfants.


Crédit photo : Frank Loriou
Pour ces mots, merci à Robi et au Label At(h)ome 

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